Les aventures d'un geek français perdu au milieu de nerds indiens

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Outsourced

Outsourced est LA nouvelle sitcom de la saison sur la chaîne NBC. La diffusion a commencé en septembre dernier dans une Amérique mise sous pression par les délocalisations. Elle raconte l’histoire de Todd, un jeune américain fraichement diplômé travaillant dans un call center. L’entreprise qui l’emploie vend des gadgets « de bon goût » au bon samaritain américain, tels que des tasses en forme de toilette, du faux vomi, des tirelires en forme de fesses… Notre jeune Todd tout plein d’entrain arrive donc un matin et voit les bureaux complètement vides : tout le monde s’est fait virer. Il a alors le choix : se faire virer à son tour, avec le poids de son prêt étudiant à rembourser, ou bien aller diriger le fameux call-center délocalisé…. en Inde!

 

La série repose donc sur les différences entre nos cultures, Todd va devoir apprendre comment fonctionne l’Inde au travail, gérer Rajiv, son second qui veut prendre sa place [« Your success is my success…but your failure is also my success« ], Asha, la belle promise à un mariage forcé, Manmeet, qui ne rêve que d’une carte verte, Madhuri, embauchée à la base par Rajiv juste pour se faire virer et servir d’exemple parce que de caste inférieure ou encore Gupta, qui ne peut s’empêcher de parler.

Chacun des épisodes de 20 mn montrent des facettes toujours plus déjantées de l’Inde, où il y a tellement de festivals que les employés en profitent pour en inventer un afin de sécher le boulot, un autre expat qui alerte Todd sur les épices « Do you hate your own ass ? If you eat that, you’ll be crapping yourself for 5 days. Not talking about 2 days, 3 days or 4 days and a little… I’m talking about 5 full days« , « I like redheads. And blondes…and dark-haired wome » déclare le jeune Manmeet qui doit surement encore vivre chez ses parents attendant qu’ils le marient, épeler avec des références indiennes « P…like Punjab, K…like Krishna« . Outsourced est un peu comme ce blog : parfois exagéré, parfois criant de vérité. Certes je ne vais pas au toilettes pendant 5 jours à chaque fois que je mange un peu épicé mais c’est vrai qu’il y a des jours où les indiens ne viennent pas au bureau parce que c’est l’un des nombreux festivals hindous – et qu’ils auraient très bien pu totalement inventer l’existence de ce festival personne ne serait aller vérifier. Hier soir encore, une autre célébration a encore eu lieu en bas de chez moi et des gens ont allumé un feu et se sont mis à jouer une musique rythmée et entrainante. J’ai aussi dû apprendre presque par cœur des « références locales communes » pour quand j’épèle des mots : « D… like Delhi, E..like Elephant« .

Outsourced, d’ores et déjà confirmée par NBC jusqu’en juin prochain, a effectué de beaux scores d’audience outre Atlantique. Mais la diffusion a engendré une double polémique. La première, sur les délocalisations (littéralement « externalisations ») qui sont devenues un sujet sensible. En effet, dans une Amérique en pleine récession où les gens perdent tour à tour leur job, faire de l’humour sur leur situation n’est pas vu d’un très bon œil, d’autant plus que le secteur des services et en particulier celui ces call center, qui a été l’une des premières « victimes » de ce phénomène. Aujourd’hui, les indiens sont de plus en plus qualifiés et des entreprises outsourcent des pans entiers de leur organisation en Inde : comptabilité, juridique, … En France, c’est le cas avec les plates formes téléphoniques installées au Maghreb et les nombreux reportages de Capital sur M6 que l’on connaît tous. Seulement je doute fortement voir apparaître prochainement sur nos écrans une série similaire avec des marocains.

 

La seconde polémique s’est portée sur l’humour d’Outsourced et dans quelle mesure il n’était pas raciste de se moquer à ce point des indiens, leur identité et leur culture. Pourtant, et c’est clair dès le pilote, les américains et leur culture consumériste en prennent aussi pour leur grade, puisque ce sont eux qui achètent les gadgets inutiles vendus par l’équipe de télévendeurs. Todd l’explique lui-même très bien : « This is America, this is liberty : the power to buy anything we want, even if we don’t need it ». De l’autre côté, des indiens qui essaaient tant bien que mal d’acquérir cette culture qui leur paraît tellement éloignée de leurs valeurs, comme Madhuri la timorée qui réussit à vendre un faux excrément à un étudiant qui veut piéger ses colocs et qui réussit à lui vendre aussi du faux vomi avec un argument imparable : « Well, it makes me sick to look at it« .

Outsourced est une série vraiment drôle, pourtant avec un sujet qui ne s’y prête guère, les externalisations. Son humour est créatif et va au-delà des clichés. Se moquer des symboles culturels est un pari osé, mais ça reste de l’entertainment : la série ne résout ni la crise, ni le racisme mais ça détend et fait sourire… un peu comme ce que je tente de faire ici.

La bande-annonce :

Le générique :


✈ Back to India 2.0

24 décembre 2010

La France est recouverte de neige, Paris se gèle et on ne voit même plus sa Tour Eiffel à moins de s’y approcher de très près. CDG & Orly sont devenus des dortoirs géants, les passagers voyant tous leurs vols annulés ou retardés. Tous ? Non ! Un irréductible petit B777-ER d’Air India a persisté et s’est envolé pour Delhi – Indira Gandhi et ce, à l’heure ! Pas de business class cette fois-ci mais au moins j’ai pu croiser le Père Noël dans le ciel et atterrir le 25 décembre au matin en Inde… dans un froid glacial ! Ici rien n’est prévu pour ce climat, pas de chauffage mais beaucoup de substituts : couvertures, châles, écharpes, feux, chai… On relativise en se disant qu’il fera 50°C dans pas si longtemps, be careful what you wish for.

Air India B777-300ER

 

Cold India

Malgré cela, je suis très heureux de revenir à Delhi, j’ai repris mon boulot de geek chez Shanti Travel et je tends tous les jours encore un peu plus vers le côté obscur de la force : la face nerd de mon activité. En réalité, les contradictions de l’Inde m’ont beaucoup manqué, la routine parisienne avait déjà commencé à m’anesthésier. Le retour au chaos organisé ambiant, à la nourriture en delivery, aux amis, à un monde non aseptisé, à tout à moins d’un euro en constituent un cocktail impossible à retrouver ailleurs. Ce blog sur mes aventures de survie en Inde reprend donc, j’espère que vous prendrez toujours autant de plaisir à le parcourir.


Fin de la (première) partie

Voilà, c’est déjà la fin de la (première) partie… J’ai l’impression que ça fait en même temps 3 ans que je suis là et, d’un autre côté, 3 jours. Le temps est complètement distordu. Je ressens déjà le froid me parcourir le dos, dès la sortie de l’avion, dans le corridor pour rejoindre l’aéroport. Le retour en Europe annonce la fin de l’été, les joies de revoir tout le monde et, bien sûr, la nourriture française, qui paraît tant raffinée/pas épicée vue d’ici. Mais, après quelques shoot de fromage, vin ou de pain, l’Inde va commencer à me manquer, petit à petit, et des choses vont se rappeler à moi très vite : le chaos perpétuel de Delhi, la façon dont on peut parler à n’importe qui dans la rue, batailler et utiliser mes talents de négociateur avec les rickshaws :

« Okhla Phase 1 please.

– Sisty rupees.

– What ?! Ok, two thousand and we go.

(perdu) – Nei, Nei, sisty rupees.

– Fourty?

– Ok, ok, ok, ok… »

Merci à vous de m’avoir suivi dans mes délires sous-continentaux jusque là, l’aventure indienne et ce blog reviennent très vite.

Je prends le vol AF 225 pour Paris avec une arrivée à 6:30am lundi. Donc à bientôt, en vrai.


« Parias » de Pascal Bruckner

Voici quelques extraits du livre que je lis en ce moment, Parias, de Pascal Bruckner qui décrit l’attrait et la répulsion pour l’Inde d’un jeune journaliste français en mission. Et c’est exactement ça que je ressens. Ca m’arrive de me poser et de me dire « c’est quand même fou, tu es à New Delhi (!), en Inde (!), dans un pays magique, incroyablement beau et que tu aimes profondément » et, 5 mn plus tard, de me demander ce que je suis venu faire dans ce pays de fou et de fous. Je comprends désormais la séduction particulière que Mother India peut exercer sur les étrangers. J’ai donc choisi quelques passages, parfois criants de vérité, parfois un peu exagérés mais qui reflètent tout de même une certaine réalité.

« Dans cette société très stratifiée, la cuisine représente un contre-modèle. Le système assigne chacun à sa naissance et à sa caste ; elle dit les joies du métissage, du mélange. Le curry symbolise l’Inde parce qu’il rassemble sous son toit tant de religions et de peuples divers. L’épice est un lubrifiant : elle accélère la digestion et fédère les aliments. Mais non sans les dissimuler. Dans ces ragoûts ténébreux se mijotent d’affreuses conspirations. On vous cache tout ce que vous mangez. Et tout devient digeste dès qu’il est enrobé par ces terribles ingrédients. C’est une nourriture pour aveugles. D’où l’incertitude légitime de l’européen : quel est ce produit que l’on me sert ? Cette carotte est-elle une honnête carotte ? Ici, pas de cette franchise puritaine de la cuisine américaine qui doit toujours décliner son identité, son poids, son origine, sa date de naissance avant d’être jugée comestible. Au contraire des pays démocratiques, en Inde on mêle les denrées parce qu’on sépare les hommes. En avalant ces trésors parfumés, on communie avec l’univers.« 

« -En somme, chaque repas est un évènement à haut risque?                                                                                                                                                      – Pour les intestins, oui. Cette cuisine qui a le défaut de tout noyer sous le même goût – mais quel goût ! -suscite une explosion terrible dans le palais. C’est un incendie qui commence aux lèvres, se propage aux organes et ne s’éteint jamais tout à fait car le lendemain, à l’évacuation, l’épice se venge encore et se rappelle à votre bon souvenir par ce dernier pincement à la muqueuse. »

« Qu’est-ce qu’une pareille nation, sinon une vraie fosse d’aisance où les grands sages, plutôt que de prêcher l’amour du prochain, sont obsédés par leurs intestins. Même Gandhi, même lui. Voilà ce que seule une pensée prêchant la négation de la vie, au lieu d’une solidarité active entre les hommes, pouvait engendrer. La subjugation de la souffrance humaine par la passivité ! La République indienne n’est certainement pas une terre de contrastes. Ici aucun conflit entre l’ancien et le nouveau : ce qui se donne comme neuf est déjà si poussiéreux et vieillot qu’il est avalé par la tradition. Incontestablement, les indiens sont les meilleurs antiquaires, les seuls à pouvoir donner à un immeuble en construction une apparence de ruine. Rien n’est moderne, pas même les réacteurs atomiques rafistolés avec des bouts de ficelle. Je vous le dis Frédéric, l’Inde est un long poème qui commence dans l’azur et finit dans l’égout. C’est le contraire de l’alchimie poétique : donnez-moi de l’or, j’en ferai de la boue. »

« La seule vérité, c’est qu’il adorait l’Inde et qu’elle le fascinait, le révoltait, le surprenait et le bouleversait à la fois. Il disait lui-même : « Je voue un culte à l’Inde le matin, l’exècre à midi, l’aime à nouveau après le déjeuner, la méprise au crépuscule et l’adore une autre fois le soir. » Son attitude était celle d’un sceptique épicurien. »

« Tuer la vache entraînerait catastrophe et sècheresse ainsi que la confusion des castes, début de la décadence. »


Trip to Southern Rajasthan (2/2)

[Previously on SurvivorIndia…]

Le lendemain, départ matinal pour Kota pour aller visiter un hôtel, le Umed Bhawan Palace, immense palais de Maharaja datant de deux siècles, elle a aussi servi de résidence aux colons anglais. Et on sent encore l’influence british : salle de billard immense avec des animaux empaillés ou encore une grande salle de bar à l’ancienne avec fauteuils rembourrés.

Umed Bhawan Palace, Pool

On a ensuite repris la voiture pour aller voir le Bhainsrorgarh Fort, magnifique hôtel situé au dessus d’une colline qui surplombe une rivière à plus d’une centaine de mètres de hauteur. Chaque chambre a un balcon à couper le souffle et c’est l’un des plus beaux établissements que nous avons eu l’occasion de voir ce week-end.

Bhainsrorgarh Fort

View from Bhainsrorgarh Fort

Le soir, nous avons dormi au Bassi Fort Palace, charmant palais de Maharaja, qui appartient toujours aujourd’hui à la famille du souverain. Il est dirigé par un vieux monsieur, ancien général de l’armée indienne avec plein d’histoires à raconter et qui a opéré  à toutes les frontières sensibles du pays : Chine, Pakistan, Bangladesh … Il a fait toutes les frontières sensibles de l’Inde (c’est-à-dire à peu près toutes sauf les maritimes). L’imposante demeure, qui date du XVIe siècle, est constitué d’une dizaine de chambres seulement. J’ai eu ma chambre perso, avec le king size bed dans une chambre magnifique, très colorée et très confortable. La nourriture a été également délicieuse.

Bassi Fort Palace

Bassi Fort Palace

Le lendemain, direction Chittorgarh, petit village situé lui aussi sur une colline. Il accueille en son sein le plus grand fort de l’Inde, près de 280 hectares, dont l’histoire rappelle un peu celle de Massada en Israël : assiégée de nombreuses fois, la ville fut l’une des plus disputées du pays. Mais les habitants ont toujours préféré mourir plutôt que de se rendre à quiconque. Le fort abrite également la Vijay Stambha (ou Tour de la Victoire), tour de 37 mètres de haut construite au XIVe siècle, faite de pierres et de marbre, destinée à améliorer les défenses et repérer les envahisseurs.  Cette citadelle en ruine est un symbole du courage et de la noblesse des traditions rajpoutes, en même temps que de l’aspiration de l’Inde tout entière à la liberté. Par conséquent, cet ensemble est visité par beaucoup plus de touristes indiens que d’occidentaux. Et c’était incroyable de voir des femmes tribales magnifiquement vêtues, avec des piercings incroyables. Bien sûr, nous étions les 3 blancs extraterrestres avec qui tout le monde voulait être pris en photo. Drôle au début, nous sommes vites devenus des bêtes de foire. Pour pallier à ça, on a opté pour une solution radicale :

Maharaja Style

Vijay Stambha

Le soir, nous nous sommes retirés à l’Aranyawas, charmant hôtel au milieu de la nature. Pas de réseau, pas de connexion internet, on était à flanc de colline, avec des chambres qui donnaient sur une vallée verdoyante des monts Aravalli et un petit ruisseau relaxants. La piscine? Orientée plein sud avec une vue magnifique sur la verdure environnante.

Aranyawas

Enfin, le dernier jour, nous avons visité les temples jaïns de Ranakpur, très différents de ceux que l’on a pu voir jusqu’à présent. La construction eut lieu au milieu du XVe siècle  et aboutit à un temple immense, formé de 29 salles, comportant 80 coupoles portées par 420 piliers. Le bâtiment est censé compter un total de 1444 piliers tous sculptés avec une ornementation différente. L’ensemble est fait de marbre blanc dont chaque centimètre carré a été scrupuleusement sculpté et ornementé.

Temple de Ranakpur

Temple de Ranakpur

Le  dernier jour, direction la célèbre Udaipur que j’avais hâte de visiter. Déclarée unanimement « ville la plus romantique d’Inde », on a plutôt découvert une grande ville, avec son traffic et ses bruits, nous qui venions de passer quelques jours dans la campagne et le vert. Cependant le lac était rempli, prêt à déborder à cause des fortes pluies de la mousson et la vue vaut quand même le détour.

Lake of Udaipur

Retour en train depuis la gare d’Udaipur à bord du Mewar Express en direction de Delhi. Trajet : 12h. Classe : Sleeper Class mais on a changé pour une 2AC, en raison du bruit infernal de la locomotive. Du coup on s’est retrouvé à côté d’un indien assez pesant, qui parlait très bien anglais mais qui pensait tout nous apprendre sur l’Inde et essayer de nous convertir à un régime végétarien.

Train Udaipur - Delhi


Trip to Southern Rajasthan (1/2)

Travailler dans une agence de voyages a ses avantages : c’est de pouvoir voyager. Je suis donc parti 5 jours avec deux collègues  : Amandine, travel advisor et Lucie, mon acolyte en communication pour visiter inspecter des hôtels, palais de Maharadjas gonflés d’histoires et de tradition, le long des routes de la campagne indienne, tout ça aux frais de Shanti Travel. Et non, pourtant je n’ai pas gagné le concours du « best job in the world ».

RoadMap

Nous avons pris l’Isore Intercity Express à la gare de Delhi Nizamuddin en direction de Kota. Voyage de 7h plutôt agréable en 3AC si ce n’est les souris qui trottinent sur le sol sous les couchettes. Mais bon, elles restent mignonnes comparées aux rats aussi gros que des chats qu’on peut voir à Delhi. A l’arrivée au milieu de la nuit, on a réussi à retrouver sans trop de problèmes notre chauffeur attitré pour ces 5 jours, qui nous a escorté à bord d’une TATA Indigo vers Bundi, à 1h de la gare et première étape de notre périple.

Our escort : a Tata Indigo

Le jour à peine levé, nous arrivons à l’hôtel Ishwari Niwas Palace, palais qui appartient toujours à la famille du sultan. Après une sieste bien méritée et un petit déjeuner forcément royal, nous nous dirigeons vers le centre du petit village de Bundi et commençons à arpenter ses rues paisibles. Tout les passants nous saluent, c’est très drôle. Les ruelles de Bundi sont magnifiquement colorées : femmes en saris multicolores, turbans rajputs, maisons aux façades bleues… mais aussi les quelques bons côtés de l’Inde comme les porcs qui se baignent dans le caniveau ou encore des vaches dites « sacrées » mangeuses d’ordures.

Nous visitons 3 hôtels de fond en comble, des havelis. Mais qu’est-ce que c’est encore que cette expression indienne? Les havelis sont des grandes propriétés, la plupart vieilles de plusieurs siècles, qui appartenaient à des familles de souverains. Elles ont souvent été le domicile des british pendant le Raj. Cependant, la plupart des havelis sont malheureusement laissées à l’abandon par leurs propriétaires qui n’ont pas les moyens de les entretenir. Ces bâtisses possèdent au moins 2 cours intérieures, pour séparer les hommes et les femmes, de nombreuses pièces, une architecture typique, des fresques colorées décrivant des scènes religieuses, épiques ou du Raj.

Hotel Ishwari Niwas Palace

Hotel Bundi Haveli

Nous avons visité ensuite le Taragarh Fort, qui culmine majestueusement au-dessus de la ville. Il a été construit en 1354 mais n’est plus en très bon état. On y monte à pied par une route pavée plutôt abrupte. C’était ambiance Indiana Jones dans ce palace désert, avec pour seuls compagnons de visite des pigeons et des chauves-souris que l’on semblait déranger pendant leur sommeil.

Bundi Fort

Main Entrance

Notre mission à Bundi achevée, nous avons repris la voiture pour un coin off the beaten tracks à 1h de voiture de là avant d’arriver dans une étendue sauvage, faite de gros rochers, de nappes d’eau, de verdure mais surtout une magnifique cascade qui plonge dans le vide. Les alentours? Un no man’s land où nous étions seul devant le spectacle de l’immensité de la chute d’eau. Nous sommes descendus dans « l’abime » pour nous poser quelques instants sur des rochers au milieu de l’eau.

Cascade Bundi, Upper

Cascade Bundi, Lower

En début de soirée, on est retourné à downtown Bundi où on s’est arrêté chez Sathi, un vieil homme qui, parait-il, vendrait les meilleurs lassis de la ville, peut-être même de l’Inde entière et aussi des gâteaux un peu spéciaux aux noix de cajou et au safran. Le lassi est une boisson rafraichissante traditionnelle du sous-continent préparée à base de yaourt auquel on y ajoute généralement des fruits mais aussi, comme on est en Inde et que les indiens y sont addict, des épices ! Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Pendant qu’on sirotait tranquillement nos lassis, la ville a soudainement été envahie par des sauterelles, dignes d’une plaie d’Égypte. On ne pouvait pas faire un pas sans en écraser plein, ces insectes très maladroits sautaient sur nous en nous faisant sursauter à chaque fois.

Sathi Lassis

Lassi aux sauterelles

Invasion

En rentrant à l’hôtel, on est tombé au milieu d’une procession : une foule qui se presse derrière des reliques, avec de la musique qui résonne dans toute la ville. Mariage ? Religion ? Rave party ? On ne savait pas vraiment mais cela anima notre soirée dans ce pays de traditions que l’on ne comprend pas toujours.

Procession, Bundi

[Fin de la première partie, la suite même heure, même chaîne]


Sur la Route…

« Our battered suitcases were piled on the sidewalk again; we had longer ways to go. But no matter, the road is life. »

Jack Kerouac, On The Road

 

C’est en s’éloignant des zones densément peuplées, en s’éloignant des villes et de ses artères polluées, en s’éloignant du bruit, de la foule mais aussi en s’éloignant du quotidien que l’on peut apprécier l’Inde à sa juste valeur : en empruntant ses routes.

 

On the roads of Rajasthan

Le réseau routier de l’Inde est dense : c’est le 2e du monde avec 3,3 millions de kilomètres de routes dont seulement 2% sont nationales. Parcourir l’Inde en voiture, c’est se perdre dans une immensité de paysages, de couleurs, de visages ou de faune sauvage. Il faut savoir que 70% des indiens vivent à la campagne, et même si la population urbaine grossit de façon exponentielle, l’âme de l’Inde se découvre par ses routes rurales. Dans un pays où la fumée des usines et les nuisances de la circulation urbaine sont considérées comme des « progrès », les habitant des campagnes sont en grande majorité plus miséreux et sont vus ainsi par leurs concitoyens des villes. Selon ces nouvelles classes moyennes, le sous-développement si honteux du sous-continent ne peut prendre source que dans ses champs qui ne demandent qu’à être modernisés occidentalisés. Bien sûr, les blagues sur les agriculteurs fusent.

« Nous devons choisir entre l’Inde des villages, qui sont aussi anciens qu’elle, et l’Inde des villes, qui sont une création de la domination étrangère. »

Gandhi, 1952

C’est bien l’Inde de Gandhi que nous avons parcourue durant cette escapade au vert, l’Inde rurale originelle non souillée par ces enclaves de modernisme que représentent les villes pour le Mahatma, qui les assimile au Raj britannique. Le rendement offert par la Révolution verte a bien vite supplanté cette noble philosophie. Cependant, la campagne indienne ne se livre pas facilement : il faut parcourir une dizaine d’heures de train pour avoir la chance de l’apprécier. Ici, c’est dans une gare que débute tout voyage. De là, s’ensuivent de longues routes rectilignes à travers l’horizon, abimées par de multiples nids de poule et entrecoupées par des villages qui semblent s’agglutiner à ses bords.

Chaque kilomètre est un nouveau spectacle à découvrir : dépasser des camions multicolores traversant des états entiers à 30km/h, s’arrêter pour voir un serpent mort, se faire poursuivre par des singes, faire le compte des échoppes qui vendent du paan à chiquer, vaches immobiles au bord de la route, bergers qui traversent avec leurs troupeaux de chèvres, des gens qui font leurs besoins, des agriculteurs au loin qui labourent leurs champs desséchés ou inondés ou encore la beauté colorée des saris des femmes portant des paquets sur la tête ou un bébé dans les bras, parfois les deux.

Le must ? S’arrêter sur la route, au hasard, dans une « échoppe » et figer le temps en discutant et en buvant un chaï, un thé noir aux épices (cannelle, gingembre, cardamome, poivre noir, clous de girofle) agrémenté de lait.

C’est dans cette partie sud du Rajasthan, à l’est d’Udaipur et à peine au-dessus de la frontière avec l’état du Madhya Pradesh que l’on rencontre ces scènes uniques. Ici se dressent les Ârâvalli, une chaîne de montagnes de faible hauteur qui fait la frontière entre le désert du Thar et les lacs et les plaines de verdures que nous avons traversés. Un coin de paradis, hors des sentiers battus de l’état le plus touristique de l’Inde.

 

Monts Aravalli

Monts Aravalli

 

 


Hash Run

Comme je vous en parlais dans l’article précédent, j’ai été invité par Sanjay & Gloria, rencontrés à la soirée à l’extravagant Kingdom of Dreams, pour participer à une Hash Run ce samedi. C’est une course/jeu de piste/autre/indéfinissable/beuverie non compétitive entre expats et locaux de tous âges, organisée une fois par semaine et qui a pour but de faire découvrir des endroits sympas et insolites de Delhi. Pour les intéressés : http://www.hashesofdelhi.com

– C’est quoi ce truc ?

Le H.H.H n’est pas la dernière drogue de synthèse indienne, ça veut dire Hash House Harriers et c’est un jeu qui a été inventé en 1938 par des colons britanniques de Kuala Lumpur en Malaisie, inspiré de la chasse à courre. C’est une manière originale de découvrir les paysages d’un pays, tout en faisant un peu de sport. Il existe de nombreux chapters d’adeptes de ce jeu dans le monde entier, environ une par ville et plus en Europe et aux US. Une partie de Hash réunit plusieurs dizaines de personnes, parfois une centaine. Des rassemblements mondiaux, les interhashs, sont organisés tous les 2 ans, à chaque fois dans une région du monde différente. Ce jeu, empreint de l’humour britannique, possède tout un rituel de dérision qui s’exprime notamment par le jargon utilisé dans la pratique des courses. Son slogan ? « A drinking club with a running problem« 

– Oui mais… je comprends toujours pas !

Mais qu’est-ce donc que ce Hash dont vous ne comprenez toujours pas grand chose et dont vous soupçonnez fort qu’il implique une activité sportive de ma part qui vous laisse circonspect? Le matin même, deux hares (lièvres) vont repérer et établir un parcours balisé que les hounds (la meute), c’est-à-dire nous, allons suivre. Mais attention maraud :  ils vont aussi feinter et mettre des false trails qui indiquent qu’il faut faire demi-tour et trouver le bon chemin en amont. Ou encore des marques qui disent « c’est quelque part par là mais cherche mieux ». Celui qui a la flemme de chercher va crier « Are you…? » (« RU? ») au coureur de devant qui lui répondra « On-on » s’il est sur la bonne piste ou « back check  » s’il est sur la mauvaise. Tout ça se fait en courant. Évidemment, il ne s’agit pas d’une course : on s’en fout de qui arrive en premier ou qui a marché la moitié du chemin.

Les false trails et tout le reste servent à ce que les FTB (Front Running Bastards) soient ralentis pour que les DLF (Dead Fucking Lasts) sans devenir des SCB (Short Cutting Bastards), logique, non?

– Alors c’était comment ?

J’ai adoré!! Je suis arrivé au point de rendez-vous avec un Taïwanais à Delhi pour un Trade Committee et addict au hash depuis 30 ans (j’adore dire ça!), il y a même rencontré sa femme. LA question du moment était : tu cours ou tu marches? Aucune idée, au vu de l’état de mes poumons de fumeurs combiné à ma pratique minimale du sport, j’ai bien sûr répondu « JE COURS! » à l’allemande très charmante qui me le demandait. J’ai donc suivi le groupe des coureurs, qui n’allaient pas franchement à vive allure mais je n’avais aucune idée de la longueur du parcours. Tout ce que je savais, c’est qu’on allait être enfin en dehors du chaos permanent de Delhi pour être dans la nature, dans un endroit qui s’appelle Rajokri Protected Forest.

Devagiri Fort - Rajokri Protected Forest

Je savais juste qu’un point d’eau nous attendrait à 60% du parcours. Je commence donc à courir, essayant de capter et de capter les expression mystiques utilisées par les initiés telles que « checking » (quand on vérifie la piste) et autres « on-on« . Il ne faisait pas (trop) chaud, un petit 30°C, et c’était très agréable d’être un peu dans la nature….à Delhi! Le tout ponctué par le bruit des avions atterrissant à l’aéroport Indira Gandhi tout proche. Vous qui connaissez mon fétichisme pour les avions, vous savez à quel point j’ai du apprécier ce détail.

Plane Landing - Delhi Indira Gandhi

Le hash était long de 9,7km, que j’ai réussi à faire en un peu plus d’1h et en marchant sur les derniers kilomètres, après avoir traversé des chemins boueux, failli faire 3 crises cardiaques tellement j’étais essoufflé, perdu plus de sueur que mon corps pouvait en contenir ou encore fait travailler des muscles dont je n’avait aucune idée de leur existence. Après que le groupe des marcheurs nous ait rejoint, on a pris les voitures pour se diriger vers les Farms, immenses propriétés au sud de Delhi où j’avais déjà fait une pool party.

– On boit ?

Arrivés dans les Farms, en fait chez l’une des membres du Hash, ça s’est transformé en cérémonie ressemblant à une secte ou une veillée scoute, au choix. Le principe ? Tout le monde se met en cercle, autour d’un ou deux GM (Grand Master), ici un australien chauve-beauf-mais-marrant et une bosniaque-classe-et-cynique. Le but? Faire réagir toute la communauté et mettre en valeur quelques individus, uniquement dans le but de boire. En tant que virgin, j’ai eu droit à mon quart d’heure de célébrité : j’ai du expliquer ce que je fais à Delhi, combien de temps je reste, ce que j’aime boire, mes préférences sexuelles (j’ai répondu « holy cows & watermelons ») et engloutir un verre d’alcool sous les clameurs/chansons paillardes de la foule :

They’re true blue
They are hashers through and through
They are pisspots, so they say
They’ll never get to heaven, it’s a long long way Drinking down, down, down, down…

Chacun a droit a un petit quelque chose : le Taïwanais, en tant que visitor, a eu le même sort que moi mais assis sur un bloc de glace (us et coutumes du hash) tout comme le dernier arrivé de la course. Après cette « cérémonie » un peu étrange mais où personne ne se prend au sérieux, nous avons eu droit à un super buffet mexicain, la fête d’indépendance étant cette semaine (Viva Mexicoooooooooo !!!). La soirée a continué, agrémentée de quelques plongeons dans la piscine avant de me faire ramener dans le centre de Delhi. Je compte bien hasher à nouveau très prochainement !

– Oui mais… je comprends toujours pas

Une soirée au Kingdom of Dreams

Jeudi soir, je suis parti à Gurgaon à une soirée d’expats aux frais de Shanti Travel. J’ai pour la première fois pris le métro de Delhi, toujours en construction et qui est censé être fini pour les jeux du Commonwealth début octobre. Autant vous dire que personne n’y croit, sauf la municipalité, et certains pensent même que les travaux seront abandonnés après les jeux, les indiens préférant reporter la chose à un éventuel prochain grand évènement. Cependant, la partie qui marche du métro est ultramoderne, le scan des bagages + détecteurs de métaux à chaque entrée font qu’on a l »impression d’être à l’aéroport et ça fait surtout bizarre de survoler le traffic et de pouvoir se déplacer loin et rapidement à Delhi. Inutile de préciser qu’il est entièrement climatisé. Le tout pour seulement 18Rs (0,3€) le trajet. J’avais l’impression pendant un moment d’être en Europe…

Delhi Metro Platform

Delhi Metro Station

Delhi Metro Coach

Je suis ensuite arrivé à Gurgaon, qui est une ville presque « artificielle » : c’est le plus grand centre d’affaires du pays, avec les sièges locaux des plus principales multinationales opérant en Inde ainsi que certains conglomérats indiens (Airtel, Reliance,…). C’est aussi un lieux où le luxe ne se cache pas, le PIB/habitant est l’un des plus élevés d’Inde. D’immenses malls se sont construits autour des autoroutes comme le Mall of India ou le Kingdom of Dreams. C’est dans ce dernier que se déroulait la soirée et c’est un mix entre Disneyland et Las Vegas, l’argent et le vice en moins. C’est un projet d’1,5 milliard de Rs (25 millions d’€) qui a pour ambition de « changer la face de l’entertainment en Inde » ou encore « la réponse indienne à l’ Opera House de Sydney« , rien que ça! Ce sont près de 23 000 m² dédiés à la diversité de cultures et de paysages qui constituent l’Inde.

Kingdom of Dreams - Food Court

Achevé juste à temps pour les jeux du Commonwealth, le Kingdom of Dreams n’en est pas moins un temple dédié à la gloire nationaliste/patriotique. Le « royaume’ est constitué de cinémas géants qui diffuse des films de Bollywood, bars, discothèques et un food court où chaque état du pays est représenté dans un style local :

C’est donc à une réunion d’expats de Gurgaon, donc des vrais occidentaux, plus âgés, qui bossent dans des ambassades ou multinationales, et qui ont beaucoup d’argent. Et qui aimeraient bien partir de Delhi le week-end :  ils sont très occupés et, ça tombe bien, Shanti Travel est là pour eux! L’agence était représentée par 3 personnes : Arnold, un néerlandais, Ashish, un indien accompagné de sa copine brésilienne et moi-même dans une opération intense de networking, de buffet et de verres de whisky. Après moult échanges de business cards et autres amabilités, j’ai rencontré Gloria, une mexicaine qui travaille à l’ambassade et son mari, Sanjay, avec qui j’ai pas mal sympathisé en me remémorant mon semestre passé là-bas. Ils m’ont invité à une hash run ce samedi, une nouvelle aventure que je vous raconterai en détails dans un prochain article.


Shanti Travel : Our Destinations, by TripWow

Afin de vous faire rêver un peu, vous trouverez plus bas une vidéo, réalisée avec TripWow, un outil de TripAdvisor, qui présente les destinations de l’agence. Sit & enjoy the trip :


Trip to Agra & around, Uttar Pradesh (2/2)

[Previously on SurvivorIndia…]

Après notre visite mémorable, mais matinale, du Taj Mahal, nous sommes retournés en rickshaw à l’hôtel prendre un petit déjeuner continental gargantuesque : toasts, céréales, jus d’orange, confiture, pseudo-croissants … bref de la nourriture qu’on a peu l’habitude de manger ici. Depuis le restaurant de l’hôtel, la piscine, propre, pas verte, sans algues, (qu’on aussi peu l’habitude de voir ici) nous suppliait de venir et de profiter d’elle. La sieste au soleil agrémentée de plongeons et de sessions de tobogan s’est imposée pour le reste de la matinée. Mais l’heure du check-out fut vite arrivée et nous avons embrayé vers l’ Agra Fort, inscrit au patrimoine mondial de l’humanité.

Agra Fort

C’est un véritable palais fortifié, le plus grand du pays : 480 000 m². Ses origines remontent à près de 1 000 ans et il fut reconstruit en 1565  par le grand-père de Shah Jahan, Akbar, qui a lui-même fait construire le Taj Mahal un peu moins d’un siècle plus tard. Près d’1,5 million d’ouvriers s’attelèrent à la tâche et, 8 ans après, le fort était terminé. A peine 2 générations plus tard, quand le règne de Shah Jahan commença, ce dernier décida de remodeler le bâtiment. Son obsession n’était pas tournée vers le grès rouge, comme on le sait, il était addict au marbre. Il décida donc de détruire certaines parties du fort pour les remplacer par sa pierre favorite. Mais il y fut emprisonné par son fils, ce qui n’était pas si terrible au vu du caractère très luxueux de sa prison, durant  les 8 dernières années de sa vie. Il avait cependant l’une des plus belles vues qui peuvent exister au monde :

Taj Mahal, view from Agra Fort

La visite achevée, on s’est rendu à la « gare routière » pour prendre un bus bien abimé en direction de Fatehpur Sikrî, village très agréablement calme dans la campagne de l’Uttar Pradesh à 40km d’Agra (mais quand même 1h de trajet).

Le lendemain, pour ne pas changer de nos habitudes, lever à 6am pour aller visiter l’ancienne capitale de l’Empire Moghole. Akbar, après la construction de son Red Fort n’était pas rassasié : il avait aussi des velléités expansionnistes  et s’y fit construire une nouvelle capitale, Fatehpur Sikrî, entre 1571 et 1585. Mais, n’ayant pas prévu le manque d’eau ni la grande difficulté d’approvisionnement, la cité fut abandonnée avant même la fin des travaux. La cité est donc intacte, et c’est une véritable ville fantôme que l’on a pu explorer:

 

Fatehpur Sikrî

Fatehpur Sikrî

As usual, 10 L de sueur perdus. En fin d’après-midi, on s’est dirigé vers Bharatpur, à 22km de là. Après avoir galéré pour trouver un hôtel à peu près propre, qui s’appelaient tous « palace… » mais qui n’en avaient que le nom, on a profité de la clim du restaurant pour de délicieux chicken tikka accompagnés d’un dhal, plat national & traditionnel aux lentilles jaunes et base de l’alimentation de l’Inde pauvre et végétarienne.

Le lendemain, direction Keoladeo National Park, réserve naturelle d’oiseaux, également inscrite au patrimoine de l’humanité. Ce fabuleux écosystème a été artificiellement créé il y a 250 ans par un maharadja grâce à un canal d’irrigation. Bien entendu, le souverain qui l’a imaginé n’était pas écolo pour autant : c’était juste pour y pratiquer la chasse. Les anglais s’y sont aussi adonnés. Le parc abrite en son sein un temple dédié à Shiva. On y a fait une longue ballade en vélo sous un soleil de plomb, mais être dans le vert, loin de la pollution de Delhi à côté des oiseaux et des singes, ça n’a pas de prix.

 

Keoladeo National Park

De retour à l’hôtel, le déjeuner fut épique : il a duré près de 2h, dû à l’incompréhension totale du serveur de notre commande. Puis, diretion la gare de Bharatpur Junction où j’ai pris un train, le Golden Temple Express pour rentrer à Delhi tandis que Ruben & Lorena continuaient en direction de Pushkar, à l’ouest du Rajasthan.

 

Bharatpur Junction

 


Trip to Agra & around, Uttar Pradesh (1/2)

Je ne pouvais pas aller en Inde du Nord sans voir le Taj Mahal. Certes c’est cliché, mais ça en vaut largement le détour. Je suis donc parti de vendredi dernier à lundi à Agra et quelques lieux sympas autour avec Ruben, un pote espagnol rencontré au Mexique, qui est en Inde pour réaliser un documentaire sur les transsexuels et Lorena, sa copine chilienne.

Mon aventure commence à Delhi même, avant de partir, où j’ai raté mon train à cause du traffic chaotique, qui augmente de façon exponentielle le vendredi soir. Heureusement, Agra est un point de passage important et il y a des trains toutes les heures. J’ai donc pris place à bord du Bhopal Express de 21h en 3e classe non AC (SL pour les initiés) pour un court trajet de 2h30. En arrivant, j’ai rejoint directement Ruben & Lorena qui m’attendaient à l’hôtel. Bosser dans une agence de voyages a ses avantages : on a pu bénéficier d’une chambre triple on a complimentary basis (gratuite) à l’hôtel Amar, charmant trois étoiles à quelques minutes en rickshaw du Taj.

Nous nous sommes levés à 4h30am afin d’être les premiers sur le site et de voir le Taj au lever du soleil. Après avoir esquivé singes et autres dromadaires, on arrive enfin devant les portes qui donnent accès à cette merveille du monde. C’est quand même comme disneyland avec les touristes qui font la queue… Anyway, les portes s’ouvrent enfin et on peut rentrer dans le complexe. Il est 5h30, il fait un peu jour mais le soleil n’est pas encore tout à fait levé :

Main gate, taj mahal

Mais avant toute chose, il faudra vous taper le rappel historique. Oui, un peu de culture quand même, je ne fais pas que vous vendre du rêve! Alors c’est l’histoire d’un empereur Moghol, Shah Jahan, qui n’a pas eu de chance dans la vie. Son vrai nom ? Al-Sultan al-‘Azam wal Khaqan al-Mukarram, Abu’l-Muzaffar Shihab ud-din Muhammad, Sahib-i-Qiran-i-Sani, Shah Jahan I Padshah Ghazi Zillu’llah [Firdaus-Ashiyani Shahanshah-E-Sultanant Ul Hindiya Wal Mughaliya Emperor of India. En résumé ? « Roi du monde » ou « Dieu de l’univers ». Imbu de lui-même, obsédé par les choses symétriques, il était fou de son épouse préférée Mumtaz Mahal. Cette dernière mourut en lui donnant son 14e enfant (!). Triste, il embauche 20 000 indiens/esclaves pour se venger et lui construit , en 1631, un mausolée à l’image du paradis.  Les travaux dureront 13 ans. Il ne profita que 5 ans de son palais avant de se faire avoir par son fils pour une histoire de succession. Résultat : le veuf se fit emprisonner durant les 8 dernières années de sa vie avec pour seule consolation une vue unique sur sa merveille du monde, devenue depuis patrimoine mondial de l’UNESCO. <fin du flashback>

La main gate passée, les détecteurs de métaux validés, les sacs fouillés et les briquets confisqués, on voit enfin pour la première fois le Taj. Et c’est vraiment magique… On l’aperçoit au loin, avec encore le reflet bleuté de la nuit dont la présence est presque fantomatique.

Taj Mahal, sunrise

On a continué notre ascension vers le mausolée, le soleil commençant peu à peu à rayonner. Après avoir fait les photos-portraits de rigueur, on a voulu faire le tour pour voir toutes les facettes de la tombe, surtout du côté de la Yamounà, le fleuve qui passe derrière. Au bout de 5L de sueur perdus, on est entré à l’intérieur et j’ai trouvé ça plutôt décevant : ça paraît tout de suite beaucoup plus petit, c’est assez vide avec juste 2 tombes au milieu. On est vite ressorti pour continuer de profiter de la beauté extérieure.

Intérieur du Taj

Extérieur du Taj

Environ 3 millions de personnes visitent chaque année le Taj Mahal, autant que l’Empire State Building ou la moitié du nombre de visiteurs de la Tour Eiffel. Mais la plupart sont Indiens, ce qui, dans un pays d’1 milliard d’habitants, fait forcément gonfler les chiffres.

Touristes Indiens, Taj Mahal

On a ensuite refait un tour du site, en allant observer de plus près les deux bâtiment rouges qui se font face à l’est et à l’ouest du Taj. L’un, orienté vers La Mecque est une mosquée et l’autre, pas orienté vers La Mecque, n’est qu’une réplique pour parfaire la symétrie de la vraie mosquée.

Mosquée du Taj Mahal

Enfin, après 20L de sueur perdus et près de 4h passées sur le site, nous nous sommes doucement éloignés vers la main gate, se retournant tous les mètres pour admirer encore et encore cette matérialisation de la mégalomanie d’un empereur Moghol déchu.

Fin de la première partie de mon week-end, la suite de mes aventures arrive très vite.


Soon…


Leçon de drague à l’indienne

Comme je vous en parlais dans l’article précédent, voici les fameux textos de Meenu. Je vous laisse le soin de les utiliser comme template pour vos futures conquêtes.


Le Ladakh déconseillé par un voyagiste

Shanti Travel fait la une : Article du Figaro.Fr du 11/08/10

Une agence de voyage franco-indienne basée à New Delhi a demandé aujourd’hui aux touristes ayant prévu un trek au Ladakh de reporter leurs projets en raison de la situation sanitaire et de l’engorgement des hébergements dans la région frappée par des inondations exceptionnelles.

« Il ne faut pas venir au Ladakh ! C’est insensé de voir des touristes débarquer tous les jours à Leh alors que les hôtels sont déjà complets, qu’il y a peu d’eau potable et que les secours sont en pleine recherche » de personnes bloquées ou disparues, a déclaré à l’AFP le directeur de Shanti Travel. Selon Alex Le Beuan, les autorités indiennes devraient demander aux touristes de reporter leur voyage dans cette région himalayenne du nord de l’Inde pour faciliter le travail des secours.

L’agence de voyages a annulé tous les treks jusqu’au 30 août, proposant à ses clients de reporter leur voyage, d’annuler ou de partir sur une autre destination en Inde. Shanti Travel, qui organise environ 10% des voyages de Français au Ladakh, estime qu’il y aurait environ un millier de Français dans la région. « Nous avions 97 personnes présentes lors des inondations. Seules huit d’entre elles sont encore bloquées à Padum« , au sud de Leh, selon M. Le Beuan.

L’armée indienne s’activait aujourd’hui à retrouver les centaines de personnes toujours manquantes, dont des touristes étrangers, au lendemain de l’annonce de la mort de cinq Européens, dont trois Français, parmi les 185 victimes des inondations exceptionnelles au Ladakh. De fortes précipitations la semaine dernière ont provoqué des inondations qui ont détruit habitations, routes, ponts et réseaux électriques à Leh, principale ville du Ladakh, et alentour.


Trip to Jaipur, Rajasthan

Profitant d’un (rare) week-end de libre, je suis parti à Jaipur un peu sur un coup de tête avec Cindya, une allemande qui bosse en tant que Travel Advisor. On a donc réservé un billet de train, je m’arrête tout d’abord sur les galères de booking sur IRCTC (Indian Railway Catering & Tourism Corporation Limited) où j’ai passé une après-midi à essayer de me loguer et de prendre un billet. On a failli se retrouver sur waiting list, et ça, dans un pays d’un milliard d’habitants, c’est pas bon. La seule phrase à retenir quand on veut réserver quelque chose ici c’est :  « You can’t fight the billion« .

Nous voilà donc à bord du Rajasthan Sampark Kranti Express à destination de Jaipur, 5h de trajet pour 260 km. Nous avons choisi la classe « AC 2 tier sleeper ».

Le train en Inde, hérité du Raj britannique est une institution : c’est le premier employeur du monde, près de 9 000 trains parcourent le pays pour près de 19 millions de voyageurs…par jour! Il y a 7 classes de wagons dans les trains indiens :

  • 1st Class AC (1A), qui ressemble à ça. Le top du top niveau confort mais aussi cher que l’avion. C’est la classe des banquiers ou des gradés de l’armée indienne.
  • 1st Class non-AC (FC), qui ressemble à ça. Cher pour ce que c’est… et sans la clim!
  • AC 2 Tier Sleeper (2A), qui ressemble à ça. Pas mal, permet de dormir confortablement, des rideaux permettent d’être tranquille.
  • AC 3 Tier (3A), qui ressemble à ça. Très similaire à la classe précédente, sauf qu’il y a 3 couchettes au lieu de 2. C’est la classe qui offre le meilleur rapport qualité/prix selon moi.
  • AC Chair Car (CC), qui ressemble à ça. Bien uniquement pour des trajets de jour.
  • Sleeper Class (SL), qui ressemble à ça. La classe la plus prisée par les indiens, avec des couchettes mais sans clim. Relativement confortable suivant l’affluence.
  • Second Sitting (2S), qui ressemble à ça. Classe où l’on peut se retrouver avec une famille sur les genoux. Les places sont en vente « illimitée ».

Nous avons donc quitté Delhi à Cantonment Station à l’heure vers 23h. Peu après être monté dans le train, on a pris notre bible pour trouver un hôtel qui serait encore ouvert au milieu de la nuit. Après un (plus rapide que possible) passage aux toilettes, on s’est finalement vite endormi sur nos couchettes. J’ai dormi comme un bébé, dans des draps à peu près propres brandés IRCTC, jusqu’à ce que mon réveille sonne vers 3h et que le « train attendant » nous fasse signe de notre arrivée imminente. De la gare on a trouvé un rickshaw qui est devenu vraiment lourd quand il a décidé de nous montrer son « livre d’or » écrit par tous les touristes qu’il avait transporté. J’ai fait semblant de lire et de comprendre ce qu’il me disait (à 3am fallait pas m’en demander tant). Nous sommes arrivés à l’Atithi GuestHouse, hôtel qui s’est avéré plutôt clean mais avec forcément le cafard/mutant de rigueur. Ils étaient prévenus de notre arrivée tardive (pas les cafards, quoique…), et, moins de 30mn après notre arrivée à la gare de Jaipur, on était à nouveau en train de dormir.

Le lendemain, lever 09h et là, en sortant de l’hôtel, le même rickshaw qui nous attendait pour nous faire visiter la ville. Comme on avait besoin de se déplacer, on a accepté, moyennant 400 Rs pour la journée. De là, il nous a amené dans une tour, pleine de pigeons et de plumes, d’où on est monté pour avoir une vue d’ensemble de la ville, entourée de plateaux et de forts.

Après un tour dans la vieille ville fondée en 1727, appelée « ville rose », couleur de la bienvenue. Les rues de Jaipur étant aussi bruyantes que celles de Delhi, on a vite quitté le centre pour aller à Amber Fort, situé à 11 km de la ville, au milieu des plateaux et beaucoup plus tranquille.

Ce fort magnifique, gigantesque, mêle une architecture Hindoue et Musulmane. C’est un véritable labyrinthe, on y a passé près de 5h, entre deux averses de mousson. Entièrement construit en grès, qui a la particularité de garder la fraicheur, l’imposant fort abrite des décorations murales, mosaïques, … C’était vraiment agréable de s’y ballader et d’explorer ses pièces.

On a ensuite rejoint notre rickshaw pour revenir vers le centre. On s’est arrêté dans un super restau qui faisait de la cuisine d’Inde du Sud où j’ai pu déguster un Fish Tikka (brochettes de poisson sans arrêtes, épicées et cuites sur le grill) mémorable.

On a ensuite visité le City Palace, toujours occupé par la famille royale du Maharaja. Ce palais raconte l’histoire de la ville, du temps où elle était dirigée depuis Amber jusqu’au Raj britannique.

Après nous être fighté avec le rickshaw qui voulait nous amener dans des magasins de touristes où il touche une commission, nous nous sommes dirigés vers le magnifique Hawal Mahal, ou « palais des vents« , l’un des lieux que je voulais absolument voir en Inde. Il a été construit pour le harem du Maharaja pour que les femmes, à travers les toutes petites fenêtres, puissent observer la vie de la rue, les faits quotidiens, et savoir ce qui se passe en ville.

Enfin, on a diné dans un restaurant où, pour conclure cette journée, on a commandé du vin rouge indien, met rare et cher à 700 Rs la demi-bouteille, mais qui valait largement le coup.

Le lendemain, on a dormi un peu avant de prendre un petit dej en terrasse sur le toit de l’hôtel : pancakes, thé, jus d’orange avant de prendre le bus pour Delhi, trajet interminable de 8h dans les klaxons et les embouteillages. J’ai aussi rencontré Meenu, jeune indienne qui a l’air d’avoir 14 ans à qui j’ai eu le malheur de demander combien de temps il restait avant d’arriver à Delhi, qui nous a demandé nos numéros à Cindya et à moi. Elle nous a donc envoyé un premier SMS, pour valider les numéros pensais-je innocemment. Mais c’est là que la technique de drague de l’indienne devient épouvantable : envoyer 4 textos à la minute, pré-écrits du genre 82222 « un sourire ne coute rien », « je suis entourée par des anges mais ne suis pas folle, ce sont mes amis » et autres kitscheries. Lassé, j’ai fait semblant de dormir, mes écouteurs d’ipod sur les oreilles et la musique à fond pour couvrir le bruit du vent et des klaxons. Je reçois encore des textos de Meenu aujourd’hui, dont les meilleurs se verront publiés ici même.


Best Rickshaw Wallah Ever


AF 226 to Delhi – Indira Gandhi

Je suis donc parti le 14 juillet dernier à bord d’un A330-200 d’Air France. En arrivant à CDG, récemment évalué comme le pire aéroport du monde, une surprise m’attendait au comptoir d’enregistrement :

« Mr. Bardavid, vous êtes en business.
– Haaa, la bonne blague!
– Non je vous assure, regardez vous-même »
Là dessus il me tend ma carte d’embarquement et je vois le siège 06K. Tout excité, je lui demande ce qui me vaut tant d’honneurs de la part de la compagnie : « Vous voyagez souvent, grâce à votre stock de miles vous avez été surclassé ». Parfait!
Tout de suite, ça a été moins difficile de quitter Paris!

J’ai passé un vol très agréable de 10h sur un siège comme ça. Le « businessclassman » assis à côté de moi était un français dont l’activité était assez obscure, il possédait des boites de : consulting, d’effets spéciaux pour Bollywood et d’autres trucs chiants (bois/construction et nourriture).
J’ai bien évidemment eu droit au champagne à volonté, qui m’a bien aidé à dormir, du foie gras, ainsi qu’un menu assez alléchant dont voici les détails :

Arrivée de nuit à l’aéroport Indira Gandhi, 1h d’attente de rigueur pour les formalités douanières. Oui les indiens sont très tatillon dès que ça touche à l’administratif, au bureaux, aux papiers officiels. Mais ça, on va y revenir, notamment lors de mon aventure au FRRO. Après le douanier zêlé, un chauffeur tout barbu de Shanti Travel m’attendait avec un panneau sur lequel était écrit « Rodian Bardajid ». Sachant que pendant tout ce temps là, j’étais passé du 15°C climatisé de l’avion au 38°C humide de Delhi. On est ensuite parti vers GK1, le quartier où se situe l’appart de la boîte dans lequel j’ai résidé les cinq premiers jours.


FAQ – Ce que vous avez toujours voulu savoir sans jamais me le demander

Je vais essayer de vous expliquer ici les raisons de mon départ, ce que je fais ici et dans quel contexte.

– Tu es où en Inde ?

Je vis et travaille à Delhi, capitale de l’Inde qui est un état à elle toute seule, le Capital Territory of Delhi pour plus de 20 millions d’habitants. La ville, gigantesque, est divisée en 2 :

  • Old Delhi au nord, qui ressemble à ça et qui est chaotique, bruyante, puante avec des rues bordéliques, les indiens qui harcèlent pour vendre tout et n’importe quoi et des touristes, et des hôtels moches à touristes. Mais c’est aussi un endroit riche d’histoire et de culture, vieux de plus de 3 000 ans, et qui abrite le Red Fort ou la Mosquée Jama Masjid.
  • New Delhi, au Sud, beaucoup plus tranquille (et riche) avec des quartiers reliés entre eux par de larges avenues, des blocs de maisons avec market au milieu où on trouve absolument tout. Bien plus agréable pour y vivre donc.

– Pourquoi l’Inde ?

« On va en Inde pour savoir pourquoi on va en Inde », Régis Airault, Fous de l’Inde : Délires d’Occidentaux et sentiment océanique

Je viens de finir mes études et j’ai TRES peur de tomber dans une routine parisienne. Quitte à être sur internet et excel toute la journée, autant l’être à l’autre bout du monde. Je voulais un pays suffisamment loin et différent de la France, dépaysant et avec une culture extrêmement riche, afin d’être surpris à chaque fois que je sors dans la rue.  Je me suis donc mis en tête de chercher le dream job à l’étranger et j’ai passé quelques mois à postuler à des offres un peu partout jusqu’à ce que je tombe sur cette annonce à Delhi. L’Inde est un pays que je connaissais déjà, où j’ai voyagé dans le Sud l’année dernière (les photos , et ) et l’opportunité d’y retourner m’a tout de suite donné envie.

– Mais t’as pas peur d’aller en Inde?

Certes, partir vers ce genre de destinations peut s’avérer complexe au premier abord : extrême pauvreté, stratification sociale différente, saleté omniprésente, pollution… le choc culturel peut-être grand et il faut donc s’y préparer. J’ai donc lu quelques livres sur l’Inde : L’équilibre du monde, de Rohinton Mistry, Le grand roman indien, de Shashi Tharoor et Les après-midi d’un fonctionnaire très déjanté de Upamanyu Chatterjee. Bien que l’Inde du Sud soit très différente du Nord, mon voyage de l’année dernière a pu me donner un bon avant-goût. De plus, mon expérience au Mexique m’a permis de comprendre instinctivement comment les choses fonctionnent dans ce type de pays.

– Tu travailles où ?

Je bosse pour Shanti Travel, une agence de voyage spécialisée dans le sous-continent indien, donc l’Inde mais pas que : Népal, Bhoutan, Tibet, … Ce sont des voyages sur-mesure, orientés luxe/aventure avec une vocation culturelle et de découverte. L’équipe se compose d’une soixantaine de personnes, moitié indiens, moitié français et les bureaux sont à 15mn en rickshaw de chez moi, ce qui n’est rien comparé à l’immensité de Delhi combinée au traffic.

– Tu y fais quoi ?

Je m’occupe principalement de la communication web. Ma mission prioritaire est de gérer les campagnes Google, à travers l’interface AdWords qui fait que vous voyez cette pub (la 1ere qui apparaît sous la barre de recherche) quand vous tapez tel mot-clé. Les mot-clés sont vendus aux enchères et, depuis que j’ai commencé, je me suis pris au jeu et AdWords est devenu une véritable addiction. Mais il n’y a pas que Google dans la vie, je gère aussi les campagnes de search Bing & Yahoo. Heureusement, je ne fais pas que du quanti toute la journée, je m’occupe aussi de gérer la présence de l’agence sur les réseaux sociaux, à savoir Facebook et Twitter, dont la timeline ressort en bas à droite de ce blog. Enfin, je suis aussi sur un grand chantier, un projet de développement de nouveaux sites satellites, spécialisés par destination (Rajasthan, Inde du Sud,…) ou activité (Trek, Plongée) où je dois donner mon input, tenter de faire respecter les deadlines par les équipes de développement et de design, ce qui n’est pas une mince affaire.

– Tu vis où ?

Quand je suis arrivé, j’ai vécu pendant 5 jours dans un appart qui appartient à Shanti. Trouver un logement correct n’est pas une chose facile à Delhi et des personnes cherchaient depuis déjà près d’un mois. On a donc pris une mesure radicale en prenant un broker qui nous a trouvé un super appart. Je vis donc avec un suisse et un français, qui bossent aussi dans la même boîte mais un étage au-dessus en tant que Travel Advisor. On a 3 chambres, 3 salles de bain, 1 grand salon, 1 cuisine et un rooftop.

Voilà, vous savez à peu près tout, n’hésitez pas à mettre vos autres questions en commentaires.


Namasté

Ça y est je me décide enfin à vous donner des nouvelles !

Bienvenue sur mon blog, qu’il soit votre refuge lors de vos longues journées de bureau devant excel, un simple moment d’évasion entre deux actualisations de pages Facebook ou encore votre lecture aux toilettes (oui oui ça marche aussi sur Iphone!).

Je suis donc en Inde depuis un peu plus de 2 semaines et pour l’instant je m’y plais énormément. Delhi est une ville chaotique (ce mot reviendra souvent) mais qui a son charme. Je commence à avoir mes habitudes, surtout depuis que j’ai mon appart, pas très loin du bureau, avec un market à côté et loin du bruit de la rue. Du côté de mon job, je fais ce que j’aime : à savoir geeker sur internet pour vendre du rêve à des gens qui veulent découvrir le sous-continent indien. Donc vendre l’Inde. Mais ça prend aussi beaucoup de temps, d’où la pénurie de news. Je vais donc me rattraper et vous raconter plus de détails sur ma vie ici, les indiens, la façon dont les choses fonctionnent (ou ne fonctionnent pas!), mes voyages, mes galères voire mes problèmes d’estomac. Tout feedback est le bienvenu.