Les aventures d'un geek français perdu au milieu de nerds indiens

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Trip to Southern Rajasthan (2/2)

[Previously on SurvivorIndia…]

Le lendemain, départ matinal pour Kota pour aller visiter un hôtel, le Umed Bhawan Palace, immense palais de Maharaja datant de deux siècles, elle a aussi servi de résidence aux colons anglais. Et on sent encore l’influence british : salle de billard immense avec des animaux empaillés ou encore une grande salle de bar à l’ancienne avec fauteuils rembourrés.

Umed Bhawan Palace, Pool

On a ensuite repris la voiture pour aller voir le Bhainsrorgarh Fort, magnifique hôtel situé au dessus d’une colline qui surplombe une rivière à plus d’une centaine de mètres de hauteur. Chaque chambre a un balcon à couper le souffle et c’est l’un des plus beaux établissements que nous avons eu l’occasion de voir ce week-end.

Bhainsrorgarh Fort

View from Bhainsrorgarh Fort

Le soir, nous avons dormi au Bassi Fort Palace, charmant palais de Maharaja, qui appartient toujours aujourd’hui à la famille du souverain. Il est dirigé par un vieux monsieur, ancien général de l’armée indienne avec plein d’histoires à raconter et qui a opéré  à toutes les frontières sensibles du pays : Chine, Pakistan, Bangladesh … Il a fait toutes les frontières sensibles de l’Inde (c’est-à-dire à peu près toutes sauf les maritimes). L’imposante demeure, qui date du XVIe siècle, est constitué d’une dizaine de chambres seulement. J’ai eu ma chambre perso, avec le king size bed dans une chambre magnifique, très colorée et très confortable. La nourriture a été également délicieuse.

Bassi Fort Palace

Bassi Fort Palace

Le lendemain, direction Chittorgarh, petit village situé lui aussi sur une colline. Il accueille en son sein le plus grand fort de l’Inde, près de 280 hectares, dont l’histoire rappelle un peu celle de Massada en Israël : assiégée de nombreuses fois, la ville fut l’une des plus disputées du pays. Mais les habitants ont toujours préféré mourir plutôt que de se rendre à quiconque. Le fort abrite également la Vijay Stambha (ou Tour de la Victoire), tour de 37 mètres de haut construite au XIVe siècle, faite de pierres et de marbre, destinée à améliorer les défenses et repérer les envahisseurs.  Cette citadelle en ruine est un symbole du courage et de la noblesse des traditions rajpoutes, en même temps que de l’aspiration de l’Inde tout entière à la liberté. Par conséquent, cet ensemble est visité par beaucoup plus de touristes indiens que d’occidentaux. Et c’était incroyable de voir des femmes tribales magnifiquement vêtues, avec des piercings incroyables. Bien sûr, nous étions les 3 blancs extraterrestres avec qui tout le monde voulait être pris en photo. Drôle au début, nous sommes vites devenus des bêtes de foire. Pour pallier à ça, on a opté pour une solution radicale :

Maharaja Style

Vijay Stambha

Le soir, nous nous sommes retirés à l’Aranyawas, charmant hôtel au milieu de la nature. Pas de réseau, pas de connexion internet, on était à flanc de colline, avec des chambres qui donnaient sur une vallée verdoyante des monts Aravalli et un petit ruisseau relaxants. La piscine? Orientée plein sud avec une vue magnifique sur la verdure environnante.

Aranyawas

Enfin, le dernier jour, nous avons visité les temples jaïns de Ranakpur, très différents de ceux que l’on a pu voir jusqu’à présent. La construction eut lieu au milieu du XVe siècle  et aboutit à un temple immense, formé de 29 salles, comportant 80 coupoles portées par 420 piliers. Le bâtiment est censé compter un total de 1444 piliers tous sculptés avec une ornementation différente. L’ensemble est fait de marbre blanc dont chaque centimètre carré a été scrupuleusement sculpté et ornementé.

Temple de Ranakpur

Temple de Ranakpur

Le  dernier jour, direction la célèbre Udaipur que j’avais hâte de visiter. Déclarée unanimement « ville la plus romantique d’Inde », on a plutôt découvert une grande ville, avec son traffic et ses bruits, nous qui venions de passer quelques jours dans la campagne et le vert. Cependant le lac était rempli, prêt à déborder à cause des fortes pluies de la mousson et la vue vaut quand même le détour.

Lake of Udaipur

Retour en train depuis la gare d’Udaipur à bord du Mewar Express en direction de Delhi. Trajet : 12h. Classe : Sleeper Class mais on a changé pour une 2AC, en raison du bruit infernal de la locomotive. Du coup on s’est retrouvé à côté d’un indien assez pesant, qui parlait très bien anglais mais qui pensait tout nous apprendre sur l’Inde et essayer de nous convertir à un régime végétarien.

Train Udaipur - Delhi

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Trip to Southern Rajasthan (1/2)

Travailler dans une agence de voyages a ses avantages : c’est de pouvoir voyager. Je suis donc parti 5 jours avec deux collègues  : Amandine, travel advisor et Lucie, mon acolyte en communication pour visiter inspecter des hôtels, palais de Maharadjas gonflés d’histoires et de tradition, le long des routes de la campagne indienne, tout ça aux frais de Shanti Travel. Et non, pourtant je n’ai pas gagné le concours du « best job in the world ».

RoadMap

Nous avons pris l’Isore Intercity Express à la gare de Delhi Nizamuddin en direction de Kota. Voyage de 7h plutôt agréable en 3AC si ce n’est les souris qui trottinent sur le sol sous les couchettes. Mais bon, elles restent mignonnes comparées aux rats aussi gros que des chats qu’on peut voir à Delhi. A l’arrivée au milieu de la nuit, on a réussi à retrouver sans trop de problèmes notre chauffeur attitré pour ces 5 jours, qui nous a escorté à bord d’une TATA Indigo vers Bundi, à 1h de la gare et première étape de notre périple.

Our escort : a Tata Indigo

Le jour à peine levé, nous arrivons à l’hôtel Ishwari Niwas Palace, palais qui appartient toujours à la famille du sultan. Après une sieste bien méritée et un petit déjeuner forcément royal, nous nous dirigeons vers le centre du petit village de Bundi et commençons à arpenter ses rues paisibles. Tout les passants nous saluent, c’est très drôle. Les ruelles de Bundi sont magnifiquement colorées : femmes en saris multicolores, turbans rajputs, maisons aux façades bleues… mais aussi les quelques bons côtés de l’Inde comme les porcs qui se baignent dans le caniveau ou encore des vaches dites « sacrées » mangeuses d’ordures.

Nous visitons 3 hôtels de fond en comble, des havelis. Mais qu’est-ce que c’est encore que cette expression indienne? Les havelis sont des grandes propriétés, la plupart vieilles de plusieurs siècles, qui appartenaient à des familles de souverains. Elles ont souvent été le domicile des british pendant le Raj. Cependant, la plupart des havelis sont malheureusement laissées à l’abandon par leurs propriétaires qui n’ont pas les moyens de les entretenir. Ces bâtisses possèdent au moins 2 cours intérieures, pour séparer les hommes et les femmes, de nombreuses pièces, une architecture typique, des fresques colorées décrivant des scènes religieuses, épiques ou du Raj.

Hotel Ishwari Niwas Palace

Hotel Bundi Haveli

Nous avons visité ensuite le Taragarh Fort, qui culmine majestueusement au-dessus de la ville. Il a été construit en 1354 mais n’est plus en très bon état. On y monte à pied par une route pavée plutôt abrupte. C’était ambiance Indiana Jones dans ce palace désert, avec pour seuls compagnons de visite des pigeons et des chauves-souris que l’on semblait déranger pendant leur sommeil.

Bundi Fort

Main Entrance

Notre mission à Bundi achevée, nous avons repris la voiture pour un coin off the beaten tracks à 1h de voiture de là avant d’arriver dans une étendue sauvage, faite de gros rochers, de nappes d’eau, de verdure mais surtout une magnifique cascade qui plonge dans le vide. Les alentours? Un no man’s land où nous étions seul devant le spectacle de l’immensité de la chute d’eau. Nous sommes descendus dans « l’abime » pour nous poser quelques instants sur des rochers au milieu de l’eau.

Cascade Bundi, Upper

Cascade Bundi, Lower

En début de soirée, on est retourné à downtown Bundi où on s’est arrêté chez Sathi, un vieil homme qui, parait-il, vendrait les meilleurs lassis de la ville, peut-être même de l’Inde entière et aussi des gâteaux un peu spéciaux aux noix de cajou et au safran. Le lassi est une boisson rafraichissante traditionnelle du sous-continent préparée à base de yaourt auquel on y ajoute généralement des fruits mais aussi, comme on est en Inde et que les indiens y sont addict, des épices ! Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Pendant qu’on sirotait tranquillement nos lassis, la ville a soudainement été envahie par des sauterelles, dignes d’une plaie d’Égypte. On ne pouvait pas faire un pas sans en écraser plein, ces insectes très maladroits sautaient sur nous en nous faisant sursauter à chaque fois.

Sathi Lassis

Lassi aux sauterelles

Invasion

En rentrant à l’hôtel, on est tombé au milieu d’une procession : une foule qui se presse derrière des reliques, avec de la musique qui résonne dans toute la ville. Mariage ? Religion ? Rave party ? On ne savait pas vraiment mais cela anima notre soirée dans ce pays de traditions que l’on ne comprend pas toujours.

Procession, Bundi

[Fin de la première partie, la suite même heure, même chaîne]


Sur la Route…

« Our battered suitcases were piled on the sidewalk again; we had longer ways to go. But no matter, the road is life. »

Jack Kerouac, On The Road

 

C’est en s’éloignant des zones densément peuplées, en s’éloignant des villes et de ses artères polluées, en s’éloignant du bruit, de la foule mais aussi en s’éloignant du quotidien que l’on peut apprécier l’Inde à sa juste valeur : en empruntant ses routes.

 

On the roads of Rajasthan

Le réseau routier de l’Inde est dense : c’est le 2e du monde avec 3,3 millions de kilomètres de routes dont seulement 2% sont nationales. Parcourir l’Inde en voiture, c’est se perdre dans une immensité de paysages, de couleurs, de visages ou de faune sauvage. Il faut savoir que 70% des indiens vivent à la campagne, et même si la population urbaine grossit de façon exponentielle, l’âme de l’Inde se découvre par ses routes rurales. Dans un pays où la fumée des usines et les nuisances de la circulation urbaine sont considérées comme des « progrès », les habitant des campagnes sont en grande majorité plus miséreux et sont vus ainsi par leurs concitoyens des villes. Selon ces nouvelles classes moyennes, le sous-développement si honteux du sous-continent ne peut prendre source que dans ses champs qui ne demandent qu’à être modernisés occidentalisés. Bien sûr, les blagues sur les agriculteurs fusent.

« Nous devons choisir entre l’Inde des villages, qui sont aussi anciens qu’elle, et l’Inde des villes, qui sont une création de la domination étrangère. »

Gandhi, 1952

C’est bien l’Inde de Gandhi que nous avons parcourue durant cette escapade au vert, l’Inde rurale originelle non souillée par ces enclaves de modernisme que représentent les villes pour le Mahatma, qui les assimile au Raj britannique. Le rendement offert par la Révolution verte a bien vite supplanté cette noble philosophie. Cependant, la campagne indienne ne se livre pas facilement : il faut parcourir une dizaine d’heures de train pour avoir la chance de l’apprécier. Ici, c’est dans une gare que débute tout voyage. De là, s’ensuivent de longues routes rectilignes à travers l’horizon, abimées par de multiples nids de poule et entrecoupées par des villages qui semblent s’agglutiner à ses bords.

Chaque kilomètre est un nouveau spectacle à découvrir : dépasser des camions multicolores traversant des états entiers à 30km/h, s’arrêter pour voir un serpent mort, se faire poursuivre par des singes, faire le compte des échoppes qui vendent du paan à chiquer, vaches immobiles au bord de la route, bergers qui traversent avec leurs troupeaux de chèvres, des gens qui font leurs besoins, des agriculteurs au loin qui labourent leurs champs desséchés ou inondés ou encore la beauté colorée des saris des femmes portant des paquets sur la tête ou un bébé dans les bras, parfois les deux.

Le must ? S’arrêter sur la route, au hasard, dans une « échoppe » et figer le temps en discutant et en buvant un chaï, un thé noir aux épices (cannelle, gingembre, cardamome, poivre noir, clous de girofle) agrémenté de lait.

C’est dans cette partie sud du Rajasthan, à l’est d’Udaipur et à peine au-dessus de la frontière avec l’état du Madhya Pradesh que l’on rencontre ces scènes uniques. Ici se dressent les Ârâvalli, une chaîne de montagnes de faible hauteur qui fait la frontière entre le désert du Thar et les lacs et les plaines de verdures que nous avons traversés. Un coin de paradis, hors des sentiers battus de l’état le plus touristique de l’Inde.

 

Monts Aravalli

Monts Aravalli

 

 


Trip to Agra & around, Uttar Pradesh (2/2)

[Previously on SurvivorIndia…]

Après notre visite mémorable, mais matinale, du Taj Mahal, nous sommes retournés en rickshaw à l’hôtel prendre un petit déjeuner continental gargantuesque : toasts, céréales, jus d’orange, confiture, pseudo-croissants … bref de la nourriture qu’on a peu l’habitude de manger ici. Depuis le restaurant de l’hôtel, la piscine, propre, pas verte, sans algues, (qu’on aussi peu l’habitude de voir ici) nous suppliait de venir et de profiter d’elle. La sieste au soleil agrémentée de plongeons et de sessions de tobogan s’est imposée pour le reste de la matinée. Mais l’heure du check-out fut vite arrivée et nous avons embrayé vers l’ Agra Fort, inscrit au patrimoine mondial de l’humanité.

Agra Fort

C’est un véritable palais fortifié, le plus grand du pays : 480 000 m². Ses origines remontent à près de 1 000 ans et il fut reconstruit en 1565  par le grand-père de Shah Jahan, Akbar, qui a lui-même fait construire le Taj Mahal un peu moins d’un siècle plus tard. Près d’1,5 million d’ouvriers s’attelèrent à la tâche et, 8 ans après, le fort était terminé. A peine 2 générations plus tard, quand le règne de Shah Jahan commença, ce dernier décida de remodeler le bâtiment. Son obsession n’était pas tournée vers le grès rouge, comme on le sait, il était addict au marbre. Il décida donc de détruire certaines parties du fort pour les remplacer par sa pierre favorite. Mais il y fut emprisonné par son fils, ce qui n’était pas si terrible au vu du caractère très luxueux de sa prison, durant  les 8 dernières années de sa vie. Il avait cependant l’une des plus belles vues qui peuvent exister au monde :

Taj Mahal, view from Agra Fort

La visite achevée, on s’est rendu à la « gare routière » pour prendre un bus bien abimé en direction de Fatehpur Sikrî, village très agréablement calme dans la campagne de l’Uttar Pradesh à 40km d’Agra (mais quand même 1h de trajet).

Le lendemain, pour ne pas changer de nos habitudes, lever à 6am pour aller visiter l’ancienne capitale de l’Empire Moghole. Akbar, après la construction de son Red Fort n’était pas rassasié : il avait aussi des velléités expansionnistes  et s’y fit construire une nouvelle capitale, Fatehpur Sikrî, entre 1571 et 1585. Mais, n’ayant pas prévu le manque d’eau ni la grande difficulté d’approvisionnement, la cité fut abandonnée avant même la fin des travaux. La cité est donc intacte, et c’est une véritable ville fantôme que l’on a pu explorer:

 

Fatehpur Sikrî

Fatehpur Sikrî

As usual, 10 L de sueur perdus. En fin d’après-midi, on s’est dirigé vers Bharatpur, à 22km de là. Après avoir galéré pour trouver un hôtel à peu près propre, qui s’appelaient tous « palace… » mais qui n’en avaient que le nom, on a profité de la clim du restaurant pour de délicieux chicken tikka accompagnés d’un dhal, plat national & traditionnel aux lentilles jaunes et base de l’alimentation de l’Inde pauvre et végétarienne.

Le lendemain, direction Keoladeo National Park, réserve naturelle d’oiseaux, également inscrite au patrimoine de l’humanité. Ce fabuleux écosystème a été artificiellement créé il y a 250 ans par un maharadja grâce à un canal d’irrigation. Bien entendu, le souverain qui l’a imaginé n’était pas écolo pour autant : c’était juste pour y pratiquer la chasse. Les anglais s’y sont aussi adonnés. Le parc abrite en son sein un temple dédié à Shiva. On y a fait une longue ballade en vélo sous un soleil de plomb, mais être dans le vert, loin de la pollution de Delhi à côté des oiseaux et des singes, ça n’a pas de prix.

 

Keoladeo National Park

De retour à l’hôtel, le déjeuner fut épique : il a duré près de 2h, dû à l’incompréhension totale du serveur de notre commande. Puis, diretion la gare de Bharatpur Junction où j’ai pris un train, le Golden Temple Express pour rentrer à Delhi tandis que Ruben & Lorena continuaient en direction de Pushkar, à l’ouest du Rajasthan.

 

Bharatpur Junction

 


Trip to Agra & around, Uttar Pradesh (1/2)

Je ne pouvais pas aller en Inde du Nord sans voir le Taj Mahal. Certes c’est cliché, mais ça en vaut largement le détour. Je suis donc parti de vendredi dernier à lundi à Agra et quelques lieux sympas autour avec Ruben, un pote espagnol rencontré au Mexique, qui est en Inde pour réaliser un documentaire sur les transsexuels et Lorena, sa copine chilienne.

Mon aventure commence à Delhi même, avant de partir, où j’ai raté mon train à cause du traffic chaotique, qui augmente de façon exponentielle le vendredi soir. Heureusement, Agra est un point de passage important et il y a des trains toutes les heures. J’ai donc pris place à bord du Bhopal Express de 21h en 3e classe non AC (SL pour les initiés) pour un court trajet de 2h30. En arrivant, j’ai rejoint directement Ruben & Lorena qui m’attendaient à l’hôtel. Bosser dans une agence de voyages a ses avantages : on a pu bénéficier d’une chambre triple on a complimentary basis (gratuite) à l’hôtel Amar, charmant trois étoiles à quelques minutes en rickshaw du Taj.

Nous nous sommes levés à 4h30am afin d’être les premiers sur le site et de voir le Taj au lever du soleil. Après avoir esquivé singes et autres dromadaires, on arrive enfin devant les portes qui donnent accès à cette merveille du monde. C’est quand même comme disneyland avec les touristes qui font la queue… Anyway, les portes s’ouvrent enfin et on peut rentrer dans le complexe. Il est 5h30, il fait un peu jour mais le soleil n’est pas encore tout à fait levé :

Main gate, taj mahal

Mais avant toute chose, il faudra vous taper le rappel historique. Oui, un peu de culture quand même, je ne fais pas que vous vendre du rêve! Alors c’est l’histoire d’un empereur Moghol, Shah Jahan, qui n’a pas eu de chance dans la vie. Son vrai nom ? Al-Sultan al-‘Azam wal Khaqan al-Mukarram, Abu’l-Muzaffar Shihab ud-din Muhammad, Sahib-i-Qiran-i-Sani, Shah Jahan I Padshah Ghazi Zillu’llah [Firdaus-Ashiyani Shahanshah-E-Sultanant Ul Hindiya Wal Mughaliya Emperor of India. En résumé ? « Roi du monde » ou « Dieu de l’univers ». Imbu de lui-même, obsédé par les choses symétriques, il était fou de son épouse préférée Mumtaz Mahal. Cette dernière mourut en lui donnant son 14e enfant (!). Triste, il embauche 20 000 indiens/esclaves pour se venger et lui construit , en 1631, un mausolée à l’image du paradis.  Les travaux dureront 13 ans. Il ne profita que 5 ans de son palais avant de se faire avoir par son fils pour une histoire de succession. Résultat : le veuf se fit emprisonner durant les 8 dernières années de sa vie avec pour seule consolation une vue unique sur sa merveille du monde, devenue depuis patrimoine mondial de l’UNESCO. <fin du flashback>

La main gate passée, les détecteurs de métaux validés, les sacs fouillés et les briquets confisqués, on voit enfin pour la première fois le Taj. Et c’est vraiment magique… On l’aperçoit au loin, avec encore le reflet bleuté de la nuit dont la présence est presque fantomatique.

Taj Mahal, sunrise

On a continué notre ascension vers le mausolée, le soleil commençant peu à peu à rayonner. Après avoir fait les photos-portraits de rigueur, on a voulu faire le tour pour voir toutes les facettes de la tombe, surtout du côté de la Yamounà, le fleuve qui passe derrière. Au bout de 5L de sueur perdus, on est entré à l’intérieur et j’ai trouvé ça plutôt décevant : ça paraît tout de suite beaucoup plus petit, c’est assez vide avec juste 2 tombes au milieu. On est vite ressorti pour continuer de profiter de la beauté extérieure.

Intérieur du Taj

Extérieur du Taj

Environ 3 millions de personnes visitent chaque année le Taj Mahal, autant que l’Empire State Building ou la moitié du nombre de visiteurs de la Tour Eiffel. Mais la plupart sont Indiens, ce qui, dans un pays d’1 milliard d’habitants, fait forcément gonfler les chiffres.

Touristes Indiens, Taj Mahal

On a ensuite refait un tour du site, en allant observer de plus près les deux bâtiment rouges qui se font face à l’est et à l’ouest du Taj. L’un, orienté vers La Mecque est une mosquée et l’autre, pas orienté vers La Mecque, n’est qu’une réplique pour parfaire la symétrie de la vraie mosquée.

Mosquée du Taj Mahal

Enfin, après 20L de sueur perdus et près de 4h passées sur le site, nous nous sommes doucement éloignés vers la main gate, se retournant tous les mètres pour admirer encore et encore cette matérialisation de la mégalomanie d’un empereur Moghol déchu.

Fin de la première partie de mon week-end, la suite de mes aventures arrive très vite.