Les aventures d'un geek français perdu au milieu de nerds indiens

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Trip to Agra & around, Uttar Pradesh (2/2)

[Previously on SurvivorIndia…]

Après notre visite mémorable, mais matinale, du Taj Mahal, nous sommes retournés en rickshaw à l’hôtel prendre un petit déjeuner continental gargantuesque : toasts, céréales, jus d’orange, confiture, pseudo-croissants … bref de la nourriture qu’on a peu l’habitude de manger ici. Depuis le restaurant de l’hôtel, la piscine, propre, pas verte, sans algues, (qu’on aussi peu l’habitude de voir ici) nous suppliait de venir et de profiter d’elle. La sieste au soleil agrémentée de plongeons et de sessions de tobogan s’est imposée pour le reste de la matinée. Mais l’heure du check-out fut vite arrivée et nous avons embrayé vers l’ Agra Fort, inscrit au patrimoine mondial de l’humanité.

Agra Fort

C’est un véritable palais fortifié, le plus grand du pays : 480 000 m². Ses origines remontent à près de 1 000 ans et il fut reconstruit en 1565  par le grand-père de Shah Jahan, Akbar, qui a lui-même fait construire le Taj Mahal un peu moins d’un siècle plus tard. Près d’1,5 million d’ouvriers s’attelèrent à la tâche et, 8 ans après, le fort était terminé. A peine 2 générations plus tard, quand le règne de Shah Jahan commença, ce dernier décida de remodeler le bâtiment. Son obsession n’était pas tournée vers le grès rouge, comme on le sait, il était addict au marbre. Il décida donc de détruire certaines parties du fort pour les remplacer par sa pierre favorite. Mais il y fut emprisonné par son fils, ce qui n’était pas si terrible au vu du caractère très luxueux de sa prison, durant  les 8 dernières années de sa vie. Il avait cependant l’une des plus belles vues qui peuvent exister au monde :

Taj Mahal, view from Agra Fort

La visite achevée, on s’est rendu à la « gare routière » pour prendre un bus bien abimé en direction de Fatehpur Sikrî, village très agréablement calme dans la campagne de l’Uttar Pradesh à 40km d’Agra (mais quand même 1h de trajet).

Le lendemain, pour ne pas changer de nos habitudes, lever à 6am pour aller visiter l’ancienne capitale de l’Empire Moghole. Akbar, après la construction de son Red Fort n’était pas rassasié : il avait aussi des velléités expansionnistes  et s’y fit construire une nouvelle capitale, Fatehpur Sikrî, entre 1571 et 1585. Mais, n’ayant pas prévu le manque d’eau ni la grande difficulté d’approvisionnement, la cité fut abandonnée avant même la fin des travaux. La cité est donc intacte, et c’est une véritable ville fantôme que l’on a pu explorer:

 

Fatehpur Sikrî

Fatehpur Sikrî

As usual, 10 L de sueur perdus. En fin d’après-midi, on s’est dirigé vers Bharatpur, à 22km de là. Après avoir galéré pour trouver un hôtel à peu près propre, qui s’appelaient tous « palace… » mais qui n’en avaient que le nom, on a profité de la clim du restaurant pour de délicieux chicken tikka accompagnés d’un dhal, plat national & traditionnel aux lentilles jaunes et base de l’alimentation de l’Inde pauvre et végétarienne.

Le lendemain, direction Keoladeo National Park, réserve naturelle d’oiseaux, également inscrite au patrimoine de l’humanité. Ce fabuleux écosystème a été artificiellement créé il y a 250 ans par un maharadja grâce à un canal d’irrigation. Bien entendu, le souverain qui l’a imaginé n’était pas écolo pour autant : c’était juste pour y pratiquer la chasse. Les anglais s’y sont aussi adonnés. Le parc abrite en son sein un temple dédié à Shiva. On y a fait une longue ballade en vélo sous un soleil de plomb, mais être dans le vert, loin de la pollution de Delhi à côté des oiseaux et des singes, ça n’a pas de prix.

 

Keoladeo National Park

De retour à l’hôtel, le déjeuner fut épique : il a duré près de 2h, dû à l’incompréhension totale du serveur de notre commande. Puis, diretion la gare de Bharatpur Junction où j’ai pris un train, le Golden Temple Express pour rentrer à Delhi tandis que Ruben & Lorena continuaient en direction de Pushkar, à l’ouest du Rajasthan.

 

Bharatpur Junction

 

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Trip to Agra & around, Uttar Pradesh (1/2)

Je ne pouvais pas aller en Inde du Nord sans voir le Taj Mahal. Certes c’est cliché, mais ça en vaut largement le détour. Je suis donc parti de vendredi dernier à lundi à Agra et quelques lieux sympas autour avec Ruben, un pote espagnol rencontré au Mexique, qui est en Inde pour réaliser un documentaire sur les transsexuels et Lorena, sa copine chilienne.

Mon aventure commence à Delhi même, avant de partir, où j’ai raté mon train à cause du traffic chaotique, qui augmente de façon exponentielle le vendredi soir. Heureusement, Agra est un point de passage important et il y a des trains toutes les heures. J’ai donc pris place à bord du Bhopal Express de 21h en 3e classe non AC (SL pour les initiés) pour un court trajet de 2h30. En arrivant, j’ai rejoint directement Ruben & Lorena qui m’attendaient à l’hôtel. Bosser dans une agence de voyages a ses avantages : on a pu bénéficier d’une chambre triple on a complimentary basis (gratuite) à l’hôtel Amar, charmant trois étoiles à quelques minutes en rickshaw du Taj.

Nous nous sommes levés à 4h30am afin d’être les premiers sur le site et de voir le Taj au lever du soleil. Après avoir esquivé singes et autres dromadaires, on arrive enfin devant les portes qui donnent accès à cette merveille du monde. C’est quand même comme disneyland avec les touristes qui font la queue… Anyway, les portes s’ouvrent enfin et on peut rentrer dans le complexe. Il est 5h30, il fait un peu jour mais le soleil n’est pas encore tout à fait levé :

Main gate, taj mahal

Mais avant toute chose, il faudra vous taper le rappel historique. Oui, un peu de culture quand même, je ne fais pas que vous vendre du rêve! Alors c’est l’histoire d’un empereur Moghol, Shah Jahan, qui n’a pas eu de chance dans la vie. Son vrai nom ? Al-Sultan al-‘Azam wal Khaqan al-Mukarram, Abu’l-Muzaffar Shihab ud-din Muhammad, Sahib-i-Qiran-i-Sani, Shah Jahan I Padshah Ghazi Zillu’llah [Firdaus-Ashiyani Shahanshah-E-Sultanant Ul Hindiya Wal Mughaliya Emperor of India. En résumé ? « Roi du monde » ou « Dieu de l’univers ». Imbu de lui-même, obsédé par les choses symétriques, il était fou de son épouse préférée Mumtaz Mahal. Cette dernière mourut en lui donnant son 14e enfant (!). Triste, il embauche 20 000 indiens/esclaves pour se venger et lui construit , en 1631, un mausolée à l’image du paradis.  Les travaux dureront 13 ans. Il ne profita que 5 ans de son palais avant de se faire avoir par son fils pour une histoire de succession. Résultat : le veuf se fit emprisonner durant les 8 dernières années de sa vie avec pour seule consolation une vue unique sur sa merveille du monde, devenue depuis patrimoine mondial de l’UNESCO. <fin du flashback>

La main gate passée, les détecteurs de métaux validés, les sacs fouillés et les briquets confisqués, on voit enfin pour la première fois le Taj. Et c’est vraiment magique… On l’aperçoit au loin, avec encore le reflet bleuté de la nuit dont la présence est presque fantomatique.

Taj Mahal, sunrise

On a continué notre ascension vers le mausolée, le soleil commençant peu à peu à rayonner. Après avoir fait les photos-portraits de rigueur, on a voulu faire le tour pour voir toutes les facettes de la tombe, surtout du côté de la Yamounà, le fleuve qui passe derrière. Au bout de 5L de sueur perdus, on est entré à l’intérieur et j’ai trouvé ça plutôt décevant : ça paraît tout de suite beaucoup plus petit, c’est assez vide avec juste 2 tombes au milieu. On est vite ressorti pour continuer de profiter de la beauté extérieure.

Intérieur du Taj

Extérieur du Taj

Environ 3 millions de personnes visitent chaque année le Taj Mahal, autant que l’Empire State Building ou la moitié du nombre de visiteurs de la Tour Eiffel. Mais la plupart sont Indiens, ce qui, dans un pays d’1 milliard d’habitants, fait forcément gonfler les chiffres.

Touristes Indiens, Taj Mahal

On a ensuite refait un tour du site, en allant observer de plus près les deux bâtiment rouges qui se font face à l’est et à l’ouest du Taj. L’un, orienté vers La Mecque est une mosquée et l’autre, pas orienté vers La Mecque, n’est qu’une réplique pour parfaire la symétrie de la vraie mosquée.

Mosquée du Taj Mahal

Enfin, après 20L de sueur perdus et près de 4h passées sur le site, nous nous sommes doucement éloignés vers la main gate, se retournant tous les mètres pour admirer encore et encore cette matérialisation de la mégalomanie d’un empereur Moghol déchu.

Fin de la première partie de mon week-end, la suite de mes aventures arrive très vite.


Soon…


Trip to Jaipur, Rajasthan

Profitant d’un (rare) week-end de libre, je suis parti à Jaipur un peu sur un coup de tête avec Cindya, une allemande qui bosse en tant que Travel Advisor. On a donc réservé un billet de train, je m’arrête tout d’abord sur les galères de booking sur IRCTC (Indian Railway Catering & Tourism Corporation Limited) où j’ai passé une après-midi à essayer de me loguer et de prendre un billet. On a failli se retrouver sur waiting list, et ça, dans un pays d’un milliard d’habitants, c’est pas bon. La seule phrase à retenir quand on veut réserver quelque chose ici c’est :  « You can’t fight the billion« .

Nous voilà donc à bord du Rajasthan Sampark Kranti Express à destination de Jaipur, 5h de trajet pour 260 km. Nous avons choisi la classe « AC 2 tier sleeper ».

Le train en Inde, hérité du Raj britannique est une institution : c’est le premier employeur du monde, près de 9 000 trains parcourent le pays pour près de 19 millions de voyageurs…par jour! Il y a 7 classes de wagons dans les trains indiens :

  • 1st Class AC (1A), qui ressemble à ça. Le top du top niveau confort mais aussi cher que l’avion. C’est la classe des banquiers ou des gradés de l’armée indienne.
  • 1st Class non-AC (FC), qui ressemble à ça. Cher pour ce que c’est… et sans la clim!
  • AC 2 Tier Sleeper (2A), qui ressemble à ça. Pas mal, permet de dormir confortablement, des rideaux permettent d’être tranquille.
  • AC 3 Tier (3A), qui ressemble à ça. Très similaire à la classe précédente, sauf qu’il y a 3 couchettes au lieu de 2. C’est la classe qui offre le meilleur rapport qualité/prix selon moi.
  • AC Chair Car (CC), qui ressemble à ça. Bien uniquement pour des trajets de jour.
  • Sleeper Class (SL), qui ressemble à ça. La classe la plus prisée par les indiens, avec des couchettes mais sans clim. Relativement confortable suivant l’affluence.
  • Second Sitting (2S), qui ressemble à ça. Classe où l’on peut se retrouver avec une famille sur les genoux. Les places sont en vente « illimitée ».

Nous avons donc quitté Delhi à Cantonment Station à l’heure vers 23h. Peu après être monté dans le train, on a pris notre bible pour trouver un hôtel qui serait encore ouvert au milieu de la nuit. Après un (plus rapide que possible) passage aux toilettes, on s’est finalement vite endormi sur nos couchettes. J’ai dormi comme un bébé, dans des draps à peu près propres brandés IRCTC, jusqu’à ce que mon réveille sonne vers 3h et que le « train attendant » nous fasse signe de notre arrivée imminente. De la gare on a trouvé un rickshaw qui est devenu vraiment lourd quand il a décidé de nous montrer son « livre d’or » écrit par tous les touristes qu’il avait transporté. J’ai fait semblant de lire et de comprendre ce qu’il me disait (à 3am fallait pas m’en demander tant). Nous sommes arrivés à l’Atithi GuestHouse, hôtel qui s’est avéré plutôt clean mais avec forcément le cafard/mutant de rigueur. Ils étaient prévenus de notre arrivée tardive (pas les cafards, quoique…), et, moins de 30mn après notre arrivée à la gare de Jaipur, on était à nouveau en train de dormir.

Le lendemain, lever 09h et là, en sortant de l’hôtel, le même rickshaw qui nous attendait pour nous faire visiter la ville. Comme on avait besoin de se déplacer, on a accepté, moyennant 400 Rs pour la journée. De là, il nous a amené dans une tour, pleine de pigeons et de plumes, d’où on est monté pour avoir une vue d’ensemble de la ville, entourée de plateaux et de forts.

Après un tour dans la vieille ville fondée en 1727, appelée « ville rose », couleur de la bienvenue. Les rues de Jaipur étant aussi bruyantes que celles de Delhi, on a vite quitté le centre pour aller à Amber Fort, situé à 11 km de la ville, au milieu des plateaux et beaucoup plus tranquille.

Ce fort magnifique, gigantesque, mêle une architecture Hindoue et Musulmane. C’est un véritable labyrinthe, on y a passé près de 5h, entre deux averses de mousson. Entièrement construit en grès, qui a la particularité de garder la fraicheur, l’imposant fort abrite des décorations murales, mosaïques, … C’était vraiment agréable de s’y ballader et d’explorer ses pièces.

On a ensuite rejoint notre rickshaw pour revenir vers le centre. On s’est arrêté dans un super restau qui faisait de la cuisine d’Inde du Sud où j’ai pu déguster un Fish Tikka (brochettes de poisson sans arrêtes, épicées et cuites sur le grill) mémorable.

On a ensuite visité le City Palace, toujours occupé par la famille royale du Maharaja. Ce palais raconte l’histoire de la ville, du temps où elle était dirigée depuis Amber jusqu’au Raj britannique.

Après nous être fighté avec le rickshaw qui voulait nous amener dans des magasins de touristes où il touche une commission, nous nous sommes dirigés vers le magnifique Hawal Mahal, ou « palais des vents« , l’un des lieux que je voulais absolument voir en Inde. Il a été construit pour le harem du Maharaja pour que les femmes, à travers les toutes petites fenêtres, puissent observer la vie de la rue, les faits quotidiens, et savoir ce qui se passe en ville.

Enfin, on a diné dans un restaurant où, pour conclure cette journée, on a commandé du vin rouge indien, met rare et cher à 700 Rs la demi-bouteille, mais qui valait largement le coup.

Le lendemain, on a dormi un peu avant de prendre un petit dej en terrasse sur le toit de l’hôtel : pancakes, thé, jus d’orange avant de prendre le bus pour Delhi, trajet interminable de 8h dans les klaxons et les embouteillages. J’ai aussi rencontré Meenu, jeune indienne qui a l’air d’avoir 14 ans à qui j’ai eu le malheur de demander combien de temps il restait avant d’arriver à Delhi, qui nous a demandé nos numéros à Cindya et à moi. Elle nous a donc envoyé un premier SMS, pour valider les numéros pensais-je innocemment. Mais c’est là que la technique de drague de l’indienne devient épouvantable : envoyer 4 textos à la minute, pré-écrits du genre 82222 « un sourire ne coute rien », « je suis entourée par des anges mais ne suis pas folle, ce sont mes amis » et autres kitscheries. Lassé, j’ai fait semblant de dormir, mes écouteurs d’ipod sur les oreilles et la musique à fond pour couvrir le bruit du vent et des klaxons. Je reçois encore des textos de Meenu aujourd’hui, dont les meilleurs se verront publiés ici même.