Les aventures d'un geek français perdu au milieu de nerds indiens

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Trip to Jaipur, Rajasthan

Profitant d’un (rare) week-end de libre, je suis parti à Jaipur un peu sur un coup de tête avec Cindya, une allemande qui bosse en tant que Travel Advisor. On a donc réservé un billet de train, je m’arrête tout d’abord sur les galères de booking sur IRCTC (Indian Railway Catering & Tourism Corporation Limited) où j’ai passé une après-midi à essayer de me loguer et de prendre un billet. On a failli se retrouver sur waiting list, et ça, dans un pays d’un milliard d’habitants, c’est pas bon. La seule phrase à retenir quand on veut réserver quelque chose ici c’est :  « You can’t fight the billion« .

Nous voilà donc à bord du Rajasthan Sampark Kranti Express à destination de Jaipur, 5h de trajet pour 260 km. Nous avons choisi la classe « AC 2 tier sleeper ».

Le train en Inde, hérité du Raj britannique est une institution : c’est le premier employeur du monde, près de 9 000 trains parcourent le pays pour près de 19 millions de voyageurs…par jour! Il y a 7 classes de wagons dans les trains indiens :

  • 1st Class AC (1A), qui ressemble à ça. Le top du top niveau confort mais aussi cher que l’avion. C’est la classe des banquiers ou des gradés de l’armée indienne.
  • 1st Class non-AC (FC), qui ressemble à ça. Cher pour ce que c’est… et sans la clim!
  • AC 2 Tier Sleeper (2A), qui ressemble à ça. Pas mal, permet de dormir confortablement, des rideaux permettent d’être tranquille.
  • AC 3 Tier (3A), qui ressemble à ça. Très similaire à la classe précédente, sauf qu’il y a 3 couchettes au lieu de 2. C’est la classe qui offre le meilleur rapport qualité/prix selon moi.
  • AC Chair Car (CC), qui ressemble à ça. Bien uniquement pour des trajets de jour.
  • Sleeper Class (SL), qui ressemble à ça. La classe la plus prisée par les indiens, avec des couchettes mais sans clim. Relativement confortable suivant l’affluence.
  • Second Sitting (2S), qui ressemble à ça. Classe où l’on peut se retrouver avec une famille sur les genoux. Les places sont en vente « illimitée ».

Nous avons donc quitté Delhi à Cantonment Station à l’heure vers 23h. Peu après être monté dans le train, on a pris notre bible pour trouver un hôtel qui serait encore ouvert au milieu de la nuit. Après un (plus rapide que possible) passage aux toilettes, on s’est finalement vite endormi sur nos couchettes. J’ai dormi comme un bébé, dans des draps à peu près propres brandés IRCTC, jusqu’à ce que mon réveille sonne vers 3h et que le « train attendant » nous fasse signe de notre arrivée imminente. De la gare on a trouvé un rickshaw qui est devenu vraiment lourd quand il a décidé de nous montrer son « livre d’or » écrit par tous les touristes qu’il avait transporté. J’ai fait semblant de lire et de comprendre ce qu’il me disait (à 3am fallait pas m’en demander tant). Nous sommes arrivés à l’Atithi GuestHouse, hôtel qui s’est avéré plutôt clean mais avec forcément le cafard/mutant de rigueur. Ils étaient prévenus de notre arrivée tardive (pas les cafards, quoique…), et, moins de 30mn après notre arrivée à la gare de Jaipur, on était à nouveau en train de dormir.

Le lendemain, lever 09h et là, en sortant de l’hôtel, le même rickshaw qui nous attendait pour nous faire visiter la ville. Comme on avait besoin de se déplacer, on a accepté, moyennant 400 Rs pour la journée. De là, il nous a amené dans une tour, pleine de pigeons et de plumes, d’où on est monté pour avoir une vue d’ensemble de la ville, entourée de plateaux et de forts.

Après un tour dans la vieille ville fondée en 1727, appelée « ville rose », couleur de la bienvenue. Les rues de Jaipur étant aussi bruyantes que celles de Delhi, on a vite quitté le centre pour aller à Amber Fort, situé à 11 km de la ville, au milieu des plateaux et beaucoup plus tranquille.

Ce fort magnifique, gigantesque, mêle une architecture Hindoue et Musulmane. C’est un véritable labyrinthe, on y a passé près de 5h, entre deux averses de mousson. Entièrement construit en grès, qui a la particularité de garder la fraicheur, l’imposant fort abrite des décorations murales, mosaïques, … C’était vraiment agréable de s’y ballader et d’explorer ses pièces.

On a ensuite rejoint notre rickshaw pour revenir vers le centre. On s’est arrêté dans un super restau qui faisait de la cuisine d’Inde du Sud où j’ai pu déguster un Fish Tikka (brochettes de poisson sans arrêtes, épicées et cuites sur le grill) mémorable.

On a ensuite visité le City Palace, toujours occupé par la famille royale du Maharaja. Ce palais raconte l’histoire de la ville, du temps où elle était dirigée depuis Amber jusqu’au Raj britannique.

Après nous être fighté avec le rickshaw qui voulait nous amener dans des magasins de touristes où il touche une commission, nous nous sommes dirigés vers le magnifique Hawal Mahal, ou « palais des vents« , l’un des lieux que je voulais absolument voir en Inde. Il a été construit pour le harem du Maharaja pour que les femmes, à travers les toutes petites fenêtres, puissent observer la vie de la rue, les faits quotidiens, et savoir ce qui se passe en ville.

Enfin, on a diné dans un restaurant où, pour conclure cette journée, on a commandé du vin rouge indien, met rare et cher à 700 Rs la demi-bouteille, mais qui valait largement le coup.

Le lendemain, on a dormi un peu avant de prendre un petit dej en terrasse sur le toit de l’hôtel : pancakes, thé, jus d’orange avant de prendre le bus pour Delhi, trajet interminable de 8h dans les klaxons et les embouteillages. J’ai aussi rencontré Meenu, jeune indienne qui a l’air d’avoir 14 ans à qui j’ai eu le malheur de demander combien de temps il restait avant d’arriver à Delhi, qui nous a demandé nos numéros à Cindya et à moi. Elle nous a donc envoyé un premier SMS, pour valider les numéros pensais-je innocemment. Mais c’est là que la technique de drague de l’indienne devient épouvantable : envoyer 4 textos à la minute, pré-écrits du genre 82222 « un sourire ne coute rien », « je suis entourée par des anges mais ne suis pas folle, ce sont mes amis » et autres kitscheries. Lassé, j’ai fait semblant de dormir, mes écouteurs d’ipod sur les oreilles et la musique à fond pour couvrir le bruit du vent et des klaxons. Je reçois encore des textos de Meenu aujourd’hui, dont les meilleurs se verront publiés ici même.